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 Gourou et Maçonnerie

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Jean Serlun

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MessageSujet: Gourou et Maçonnerie   Sam 29 Aoû - 10:16

Nous savons que, parmi toutes les formes que l’initiation a pu prendre dans le temps et dans l’espace, la Franc-maçonnerie est une forme initiatique particulière qui donne une place prépondérante au travail collectif.

Certes, celui-ci ne pourra jamais se substituer au travail personnel et purement intérieur de chacun mais il en constitue un élément tout à fait essentiel alors qu’il peut être très réduit, voire inexistant dans d’autres formes initiatiques.

C’est d’ailleurs quelque chose qui est inhérent à la nature même des initiations de métier.
En témoignent les exemples suivant : il faut trois personnes pour communiquer les secrets et sept maîtres sont indispensables pour une initiation véritable.

La tradition collective est ancienne et puissante. C’est elle qui induit l’importance de la fraternité dans notre forme initiatique : notre spiritualité grandit à mesure de notre pratique fraternelle.

Dans d’autres types d’initiations, la transmission se produit de maître unique à disciple unique. Cela entraîne des conséquences différentes dans tout le travail initiatique ultérieur.

Quand la transmission initiatique est opérée par une seule personne, celle-ci assure la fonction de guru vis-à-vis de l’initié que l’on qualifie alors de disciple.

Mais, dans une initiation collective, telle qu’elle se pratique dans une loge maçonnique, si nous comprenons facilement que nous sommes tous « disciples » (ou « éternels apprentis »), où est le guru ?

Certes, tout maître qui instruit un apprenti tient un peu cette place, surtout quand il accomplit la transmission initiatique : Mais, privé de la dimension exclusive qui unit le disciple à son guru, le maitre maçon ne pourra jamais jouer véritablement le rôle de guru.

En fait, dans l’initiation maçonnique, il n’y eut jamais à proprement parler de maîtres spirituels, exerçant leur fonction de façon continue, sinon très exceptionnellement.

Il faut cependant que quelque chose en tienne lieu.
Mais par qui ou par quoi cette fonction est elle remplie ?
Peut on répondre que c’est la collectivité même qui joue le rôle de guru ?
Cette réponse pourrait justement être suggérée par l’importance prépondérante accordée au travail collectif ?

Cependant, pour jouer ce rôle, il faut bien que cette collectivité soit quelque chose de plus qu’une simple réunion d’individus telle qu’on peut la rencontrer dans le monde profane.

Est-ce « l’entité psychique » collective, à laquelle certains ont donné le nom d’égrégore ?
Mais ce « collectif » ne saurait en aucune façon dépasser le domaine individuel ni aller au-delà de l’ordre psychique puisqu’il n’est en définitive qu’une résultante des individualités qui le composent. Car tout ce qui n’est que psychique ne peut avoir aucun rapport effectif et direct avec l’Initiation.

Rappelons que l’Initiation consiste essentiellement dans la transmission d’une influence spirituelle destinée à produire des effets d’ordre également spirituel, donc transcendant par rapport à l’individualité.

Ainsi, l’action virtuelle de cette influence spirituelle ne peut être rendue effective que si celle-ci a un caractère à la fois supra individuel, et même supra collectif.

Retrouvons un instant notre guru : Ce n’est pas en tant qu’individu humain que le guru exerce sa fonction. Il l’exerce parce qu’il représente quelque chose de supra individuel dont son individualité n’est que le support. On dit que le guru est le miroir de ce que le disciple est vraiment. Il donne forme au « connais-toi toi-même ». Il montre son devenir.

Si nous voulons comparer les deux démarches initiatiques, l’une individuelle (guru), l’autre collective (loge maçonnique), il faut donc que ce qui est assimilable au guru soit, non pas la collectivité elle-même, mais le Principe transcendant auquel elle sert de support et qui seul lui confère un caractère initiatique véritable.

Ce dont il s’agit c’est donc d’une « présence » spirituelle agissant dans et par le travail collectif même. Il y a là une raison impérative au fait que nous travaillons à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers et que nous proclamons l’existence d’un Principe créateur. Mais le Rite Ecossais Ancien et Accepté que pratique notre Loge n’impose pas une interprétation dogmatique en rapport avec une religion quelconque de l’un et de l’autre. Il se rattache ainsi fermement à la tradition régulière et immémoriale en postulant un Principe supra-humain et une « présence » dans la Manifestation.

Il est bien entendu difficile, voire impossible d’expliquer en quelques lignes la nature de cette « présence » spirituelle. D’autant que nous ne sommes plus, en ce qui la concerne, dans le domaine des mots et de la raison, dans le domaine du mental ou du psychique, mais dans celui de l’intuition intellectuelle, symbolisée par le cœur.

Notons pourtant que cette « présence » peut être ressentie aussi bien dans le domaine ésotérique que dans le domaine exotérique ou religieux. Exemple : cette parole du Christ : « Lorsque deux ou trois seront réunis en mon Nom, je serai au milieu d’eux »

Mais, dans le domaine ésotérique, on peut trouver une signification plus profonde. Pour simplifier, disons que le travail d’une organisation initiatique doit toujours s’accomplir « au nom » du principe spirituel dont elle procède et qu’elle est destinée à manifester dans notre monde.

Si l’on supprime cette référence, la méconnaissance, voire l’ignorance plus ou moins complète de ce que le Nom est véritablement, implique une certaine dégénérescence de l’organisation initiatique puisque cette substitution montre que celle-ci n’est plus pleinement consciente de la nature réelle qui l’unit à son principe spirituel.

L’initiation proposée à travers le Rite Ecossais Ancien et Accepté est, quoiqu’on en dise, quelque chose qui, non seulement dépasse l’individualité humaine mais, au-delà du psychique, élève le collectif que nous cherchons à former pour que chacun de nous, dans la mesure de ses capacités, tende vers une réalisation véritable qui suppose d’atteindre des états supérieurs à l’état humain grâce à la pérennité de l’être.

Ainsi, la fraternité qui est la mise en pratique de notre démarche collective, dépasse de très loin une simple fraternité laïque puisqu’elle permet de rendre effective l’influence spirituelle et donc la progression de chacun de nous dans la démarche initiatique.

C'est d'ailleurs le sens profond de la réponse de l’apprenti à la question : "êtes-vous Franc-Maçon ?"
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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Lun 31 Aoû - 12:24

Le Saint-Esprit, dans la tradition chrétienne, avec sa version individuelle Ange-gardien ?

Mon égo d'occidentale (de femme occidentale) est totalement réfractaire à une relation maître-disciple...gourou-disciple...
Les multiples témoignages que j'ai pu lire sur ces expériences révèlent quand même une relation de soumission, contraire à mes exigences de LIBERTE....

Maçonne LIBRE dans une loge LIBRE, accompagnée de mes Anges-gardiens et de l'Esprit-Saint, ce cheminement me correspond bien mieux... Wink (humour)
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Luc
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MessageSujet: Gourou et Maçonnerie   Mar 1 Sep - 21:42

Le sujet est tout à fait opportun alors que se développe maintenant en Europe des pratiques initiatiques (Vajrayana par exemple) venues d'Asie où la relation de Maître à disciple est le fondement de toute initiation véritable.
La nature communautaire de la Loge Maçonnique, fait unique semble-t-il, permet d'affirmer que "la Loge est notre Maître". C'est envers la Loge que sont pris des engagements qui en Orient sont pris envers le Guru. Comme celui-ci d'ailleurs, la Loge prend aussi des engagements envers l'Initié.
L'initiation pourra réellement s'actualiser dans la mesure où l'initié remplira ses "Devoirs" envers la Loge.
Du fait de sa nature communautaire il faut que la Loge soit "régulière", c'est-à-dire comporte le nombre de Maîtres nécessaires et qu'elle pratique un Rite maçonnique que les Maîtres ont "reçu" régulièrement.
Les questions d'obédience et de patente n'ont évidemment rien à voir avec la régularité !
Enfin je souhaite prospérité à ce forum.
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Invité
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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Mar 19 Juil - 1:01

Bonjour,

je suis tout nouveau sur ce site, donc cet apport à la discussion vient sans doute un peu tard...

Si j'ai bien compris, la question de départ est : Où est (ou qui est) le guru en franc-maçonnerie.

Il me semble que comme dans toutes les traditions, l'initiation en franc-maçonnerie consiste en un dépôt transmis à l'occasion d'une cérémonie à un nouvel initié. Si l'on accepte cette définition, la question naturelle qui vient à la suite porte sur la nature du dépôt transmis. Je crois qu'en essence toutes les initiations autentiques transmettent un enseignement visant à nous guider vers la même Connaissance, la même Vérité, mais en empruntant des chemins différents.
La forme du dépôt va donc varier en fonction de la "Voie Traditionnelle", pour la Franc-maçonnerie cette forme me semble être le Rituel. Ainsi, en Franc-maçonnerie, le Rituel est à mon avis le dépôt initiatique qui nous a été transmis dans le but de nous élever spirituellement au-dessus de notre condition de départ avant l'initiation et de nous guider progressivement, étape par étape vers cette Connaissance, cette Vérité commune à toutes les initiations autentiques et traditionnelles.

Nous pouvons donc être fondé à penser que le guru en franc-maçonnerie est le Rituel, ce dépôt nous permettant de progresser sur le chemin de la Connaissance et de la Vérité.
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lucien.d
Invité



MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Mar 19 Juil - 12:03

la « collectivité », ou l’ensemble des frères ou encore la Loge est le support (l’athanor dirait-on en alchimie), la matrice permettant la « fécondation », la réception de l’influence spirituelle et le premier développement du nouvel initié dans le cadre d’un rituel comprenant le rituel de « création » par la filiation par trois frères au milieu d’un total d’au moins 7 maîtres (ou 7 frères)formant cette Loge mère. Ne parle-t-on pas de Loge mère, n’invite-t-on pas l’apprenti à rester dans sa Loge mère avant de pouvoir voyager ? (en tout cas là où le caractère régulier et traditionnel est maintenu, et là où l’on comprend encore quelque peu ce que l’on fait).
Le terme guru désigne normalement le maître dans l’hindouisme tout particulièrement. Il représente, il symbolise le maître intérieur du disciple et lui offre un cadre « rituélique » pour son travail spirituel. Il faut souligner que le disciple reste libre de quitter le guru à tout moment, la relation maître-disciple « extérieure » ne tient que par la volonté libre des parties alors que la relation maître-disciple « intérieure » est permanente jusqu’à l’éveil, puisqu’alors il n’y a plus de maître ni de disciple.
Ce maître intérieur et seul maître est symbolisé diversement dans l’ordre : le G:.A:.D:.L:.U:., la Lumière, la Vraie Lumière, dont l’enseignement n’est autre que le Volume de la Loi Sacrée (symbolisé traditionnellement par la Bible, celle-ci n’étant qu’une expression particulière de ce Volume).
Donc le maître spirituel, quelle que soit la forme, c’est le Soi du sujet ou Lumière reçue (Atman dans l’hindouisme) qui est non-distinct de la Lumière du G:.A:.D:.L:.U:. (du Brahman dans l’hindouisme), Présence effective, infinie et éternelle qui permet que le travail spirituel du « disciple » ou « apprenti » le conduise vers la Lumière dont il n’est pas différent en réalité (cf. être de la nature du Bouddha, le « Cela tu l’es », le « Neti neti », …), ce travail étant organisé soit de disciple-maître, soit sous la forme d’un « monastère », soit sous la forme d’une Loge (qui ne sont que les moyens, les supports).
Ces supports ou upâdhis (selon l’hindouisme) sont tous importants et chaque frère, chaque maître doit avoir conscience de son « rayonnement » (les paroles qu’il émet, les vertus, le comportement en Loge et surtout en dehors, …) qui est l’enseignement qu’il donne (volontairement ou non) à tous les autres frères. La réunion des frères génère effectivement une ambiance particulière, ambiance déterminée par les « rayonnements ».
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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Mar 19 Juil - 12:33

Est-ce mon état de femme qui, comme Pierrette, m'amène à réagir mais pour moi, pas d'association possible entre gourou et maçonnerie. Derrière le mot "gourou", j'y mets soumission, aliénation, perte de la personnalité, secte.......donc certainement maçonnerie.
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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Mer 20 Juil - 0:29

Claudie,

Je ne pense pas que ton état de femme ait quelque chose à voir avec ça .... C'est plutôt la méconnaissance du sens traditionnel de ce mot.

Guru (ou gourou) est un mot Sanskrit, langue sacrée de l'hindouisme, qui est employé traditionnellement pour désigner celui qui enseigne et dont le crédit repose sur la tradition spirituelle à laquelle il appartient et dont il a suivi les enseignements et pratiques, ou encore sur son éveil spirituel reconnu. Il s'inscrit donc dans une tradition particulière (voir la définition donnée par R.Guenon qui est loin d'être un suppo des sectes).

Comme l'objet de ce forum est tout de même la recherche traditionnelle... Le mot guru est employé dans ce sens (et non dans le sens moderne occidental). Il n'a donc pas le "poids" que tu y vois derrière....

De plus comme le signale fort justement l'intervention de Lucien.d, il faut faire la différence et la distinction entre le guru intérieur et le guru extérieur qui est là pour nous éveiller au premier.
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lucien.d
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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Mer 20 Juil - 10:11

Et faut-il insister sur le fait que c’est par une soumission totale à son « guru » (ou maître) intérieur que l’on se libère ; ou dit autrement, plus on progresse sur le chemin spirituel, plus on se soumet naturellement à ce maître intérieur ; sinon, il est bien clair que l’on va à l’encontre même du développement et dans ce cas, on éparpille, on se disperse dans les opinions, les désirs, la multiplicité d’en bas (d’ordre de l’avoir, du quantitatif) au lieu de construire le temple intérieur (sous la conduite du « guru », du G:.A:.D:.L:.U:. , notre maître intérieur), de rassembler ce qui est épars (ce qui permet de répandre la Lumière : c’est-à-dire de montrer le chemin de la liberté, de l’acceptation (je préfère ce mot à celui de tolérance qui est équivoque), de la compassion, des vertus, du devoir (au sens des compagnons, au sens spirituel donc) : n’est-ce pas cela que vous souhaitez ?
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Mer 20 Juil - 20:47

Ce qui me plait dans ce forum c'est que les thématiques, parfois anciennes (enfin, relativement) sont reprises et renouvelées par les contributions des nouveaux inscrits.

La vie de ces "billets" est parfois létargique mais toujours prête à reprendre "force et vigueur", comme on dit chez nous.

Je pense que cela tient essentiellement au fait que les thèmes de discussions ont comme socle le témoignage de René Guénon dont la qualité de transmetteur se révèle ainsi de façon éclatante.

Merci à tous de cette relance de discussion et de sa qualité.

Frat:.

Jean Serlun

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Invité
Invité



MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Jeu 21 Juil - 0:18

Pour compléter l'intervention de lucien.d

Qui est le maître spirituel ?

Dans la tradtion de l'Inde, la nature du Guru est indiquée clairement : le seul vrai maître est le Guru intérieur, la Présence divine en nous, le Soi (âtma). Le seul vrai maître, c'est Dieu. C'est cette présence qui en fait nous guide, nous éléve, dissipe notre ignorance.
Le mot guru est ainsi composé de 2 syllabes : GU qui indique l'obscurité, et RU qui indique l'élimination de cette ignorance.
Cependant, la plupart des êtres humains ne sont pas en contact direct avec cette Présence sacrée, du fait d'un développement spirituel insuffisant. C'est pourquoi le maître humain est nécessaire : le maître intérieur en nous, le Soi divin, prend comme support un être humain, une influence spirituelle incarnée dans un être humain.

Ramana Maharshi le dit magnifiquement :

"Il n'y a pas de différence entre Dieu, le Guru et le Soi. Le Guru est le Soi. Il est à la fois intérieur et extérieur, (à travers le maître humain), il pousse le mental vers l'intérieur et l'aide à trouver la tranquilité"


Le maître qualifié

Dans les écriture de l'Inde, les qualités du maître sont données en particulier dans les Upanishad et dans un texte appelé Guru Gîtâ, qui est une portion du Skanda Purâna.
Ainsi dans Mundaka Upanishad, deux qualités sont données :

- le maître doit être versé dans les écritures (shrotriya) et être ancré dans la Vérité (brahmanishtha).

Le maître doit connaitre les Ecritures, dont le thème est la Vérité éternelle et la voie y menant. Il faut bien comprendre le mot "connaître" : le maître ne connaît pas simplement la lettre des Textes, purement intellectuellement, mais bien leur esprit. Le maître doit aussi avoir une expérience du Soi. Cette indication doit également ien être comprise.

René Guénon a écrit :

"Il y a une erreur que nous avons constatée et qui consiste à prétendre qu'il ne peut y avoir de véritable Guru que celui qui est déjà parvenue au terme de la réalisation spirituelle, c'est-à-dire à la Délivrance. S'il en était vraiment ainsi, ce serait plutôt décourageant pour ceux qui cherchent à obtenir l'aide d'un Guru, car il est bien clair ques les chances qu'ils auraient d'en rencontrer un seraient alors extrêmement restreintes ; mais en réalité, pour que quelqu'un puisse jouer efficacement le rôle de Guru au commencement, il suffit qu'il soit capable de conduire son disciple jusqu'à un certain degré d'initiation effective, ce qui est possible même s'il n'a pas été lui-même plus loin que ce degré".

Par conséquent, un maîtrespirituel doit avoir une certaine expérience de la Vérité. Pour que l'élève puisse bénéficier d'un maître, il faut que ce dernier soit capable de le conduire jusqu'à un certain niveau spirituel. Ensuite, il le dirigera vers un autre maître, ou encore il le mènera jusqu'au point où le disciple entrera en contact avec le maître intérieur et sera guidé de l'intérieur. C'est là le fruit de la relation au maître.

Quand un maître a ces deux qualités : connaissance des Ecritures et expérience du Soi, le pouvoir spirituel (shakti) s'éveille en lui, pouvoir à travers laquel l'enseignement devient effectif. Il faut distinguer ce rayonnement de la shakti du charisme, qui est la faculté d'influencer les autre et qui n'est pas toujours spirituelle !
Ce pourvoir spirituel du maître (shakti) naît de la pureté et de la paix intérieure que donnent justement connaissance des Ecritures et ancrage dans l'expérience du Soi.

Le rôle des maîtres spirituels

Tous les enseignants ne jouent pas le rôle de maître spirituel, mais cette fonction est inhérente à tout enseignant qualifié. la fonction de guide spirituel est fondée sur un principe : seul celui qui a suivi un processus pourra guider autrui à travers ce processus. Si l'on veut faire l'ascension d'un sommet pour la première fois, il est préférable de prendre un guide expérimenté. De même, un maître spirituel peut aider un élève car il a parcouru le chemin avant lui.
Ensuite, si l'on rentre dans l'essence même du rôle des maîtres spirituels, on peut le définir ainsi : le maître est celui qui nous guide pas à pas sur le chemin de la transformation intérieure. Il nous aide à nous libérer des conflits, des souffrances dans lesquelles nous nous débattons, afin de pouvoir accéder à un monde de sérénité, d'amour. Comment concrétement guide-t-il l'élève ?
D'abord, par l'enseignement verbalgrâce auquel le maître nourrit l'esprit de l'élève avec des pensées élevées. Cet enseignement donne une nouvelle perspective, permet à l'élève d'aiguiser son discernement, d'apprendre à voir clair, lui donne une compréhension juste, en le libérant des notions erronées. En un mot, l'élève acquiert une nouvelle vision de la vie, plus large et plus profonde.
Ensuite, le maître encourage l'élève à réflechir indépendamment il lui enseigne cet art de s'éduquer soi-même qu'est la reflexion profonde et personnelle. un intellect ainsi aiguisé, purifié, deveint le maître du mental, de la nature intérieure.
Egalement, le maître apprend à l'élève à se tourner vers l'intérieur, de deux façons : il aide l'élève à se voir tel qu'il est en lui enseignant la méthode d'introspection. Ce n'est pas facile, et beaucoup évitent le contact régulier avec un maître car justement ils refusent ce travail, pourtatn absoluement nécessaire pour trouver la joie. Et puis, le maître enseigne à l'élève les méthodes pour appaiser le mental, pour s'intérioriser, pour méditer. De façon ultime, il guide l'élève dans la découverte progressive de la Présence sacrée resplendissant en lui-même.

Tout au long de ce processus, le mâitre suit l'élève, l'encouragen voit ses efforts, vérifie ses progrès, le fait avancer. Parfois, il devra parler ou agir de façon a aider l'élève à dépasser un obstacle, une faiblesse. il ne faut pas croire qu'un maître est perpétuellement gentil, souriantn doux ! La fermeté, des mises en situation, un comportement destabilisateur sont aussi un mode d'enseigement.
Enfin, dans cette même perspective, un maître enseigne par sa présence : un maître spirituel a une présence qui joue sur la guitare de l'âme. Sa présence même commence à créer une douceur en l'élève réceptif. ...

Je pourrais continuer en vous parlant de l'élève qui devient disciple, mais je crains d'avoir déjà été beaucoup trop long... Désolé.
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lucien



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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Mar 26 Juil - 18:49

tout cela me paraît correcte.
A noter que si le guru (ou ce qui joue ce rôle comme la Loge) conduit le disciple (l'apprenti) vers l'intériorité, il ne faut pas oublier que cette maturation le conduit aussi à avoir un regard autre et effectif sur l'extérieur; d'ailleurs, il ne faut pas oublier que cette apparente opposition entre intérieur et extérieur se doit d'être dépassée (complémentarité, union, intégration) et mener à : "voir Dieu, c'est voir avec l'oeil de Dieu"...
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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Mar 26 Juil - 22:31

Merci Lucien.desterke de ce très "professoral" : Tout cela me paraît correcte, j'ai eu peur de la mauvaise note ... lol!
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lucien



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MessageSujet: mille excuses   Mer 27 Juil - 7:21

Désolé que cette expression "tout cela me paraît correcte" t'ai "touché"; j'espère que tu accepteras, celle de mille excuses.
cette expression est celle que j'emploi quand quelque chose me paraît correcte, satisfaisant et que j'applique régulièrement à mes travaux (manuels, écrits ou autre); c'est quelque chose de très positif que je lance à mon égard comme je l'ai fait, par automatisme, à l'égard de ton texte.
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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Mer 27 Juil - 17:20

Ne crains rien, ça ne m'a pas "touché" mais ça m'a bien fait rire.... On s'amuse comme on peut !

Petite précision :
lucien.desterke a écrit:
A noter que si le guru (ou ce qui joue ce rôle comme la Loge) conduit le disciple (l'apprenti) vers l'intériorité...

Pour ma part, comme je l'ai indiqué dans ma première intervention sur ce sujet, je pense que c'est le Rituel qui jour le rôle de guru et non la loge, ce qui n'est pas tout à fait identique...

Comment et d'où la loge, qui n'est que le regroupement d'individus cherchant justement cette intériorité (la loge joue dans ce sens plutôt le rôle de disciples collectifs), pourrait-elle avoir les qualifications requises et jouer le rôle de maître extérieur, selon la définition que j'en ai donnée " et qui te parait correcte" Laughing ...
- Du nombre de FF sur ses colonnes ? Non ;
- De l'ancienneté et de l'expérience moyenne des FF de la Loge ? Non ;
- Du chemin parcouru par quelques FF de la loge ? Oui peut-être, si c'est une loge qui a la chance d'en avoir, mais dans ce cas il ne s'agit pas de la Loge en tant que telle mais seulement que quelques rares individus en son sein (voir la citation de R. Guénon).

Par contre, lorsque qu'à chaque tenue les FF font vivre réellement leur Rituel (ouverture, fermeture, instructions et cérémonies) en pratiquant le "lâcher prise", en le ressentant de l'intérieur... le guru extérieur, s'il existe en loge, se trouve ici à mon sens

Sinon, t'intéresses-tu en particulier au Sanatana Dharma ?
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lucien



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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Jeu 28 Juil - 9:37

TCF
Il semble que nous disons des choses équivalentes. Quand je parle de Loge, je fais référence à: d'où venez-vous? D'une Loge de Saint Jean, lieu très éclairé par ailleurs.
Cette Loge est équivalente à la caverne du coeur, caverne qui est Une par ailleurs et permet dans la loge (atelier) d'aller de l'ouverture des travaux à leur fermeture, y compris la mise en forme par le placement des différents "objets sacrés".

Je m'intéresse aussi au Sanatana Dharma d'ailleurs symbolisé dans la Loge par le Volume de la Loi Sacrée (dont le support est la Bible à laquelle il ne se réduit pas).
Dans cette optique, le "livre synthèse" pour moi, est la Mandukyaupanisad avec les karikas de Gaudapada et commentaires de Shankara.

TAF
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Jeu 28 Juil - 10:44

Je suis ravi de lire les écrits de frères qui comprennent le rôle de la Bible sur l'Autel des Serments.

Si tout le monde prenait le temps de réfléchir à cette signification, cela éviterait les multiples bétises issues de la confusion entre le texte de référence de plusieurs traditions religieuses et ce vecteur particulier de la Loi Sacrée.

Comme quoi, plutôt que de rejeter Guénon sans faire le moindre effort pour le comprendre, beaucoup auraient intérêt à essayer de le lire sans préjugés.

Dans la RL "Les Chemins de Compostelle", la Bible ouverte à l'évangile de la Lumière est considérée comme la Tradition l'enseigne.

Merci de ce partage.

Frat:.

Jean Serlun.
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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Ven 29 Juil - 0:18

MTCF,

Parles-tu de l'ouvrage "La Mandukyopanisad avec les Karikas de Gaudapada et commentaires de Shankaracharya" une traduction de Marcel Sauton édité en 1952 chez Adyar ? Excellent ouvrage, mais hélas aujourd'hui presque introuvable (j'ai la chance d'en avoir un exemplaire). D'ailleurs les 10 Upanishad majeures sont toutes de formidables sujets d'études et de réflexions...

On pourrait citer aussi la plupart des ouvrages d'Adi Shankaracharya. Il existe un petit texte intitulé Tattva Bodha (La Connaissance de la Vérité) qui a été édité et publié par la Chinmaya Mission France (à mon humble avis une des meilleures traduction avec un commentaire de Swami Chinmayananda est très éclairant) si tu ne connais pas ce texte, je te le conseille tout particulièrement, c'est un merveilleux texte qui définit les concepts fondamentaux du Vedanta et explique clairement la nature du monde, de l'individu, de Dieu et la relation entre les trois. Il définit aussi les qualités requises pour celui qui veut atteindre l'état de libération spirituelle.

Effectivement, je crois que nous disons la même chose sous des formes et des angles différents
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lucien



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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Ven 29 Juil - 7:57

MTCS&F

a) suite au message de Jean Serlun
Effectivement je pense que les maçons devraient porter une attention méditative sur les symboles maçonniques qui, vus dans leur unicité, montre l'essentiel de la spiritualité, de la science métaphysique qui, comme Guénon le rappelle et le souligne, est une science exacte mais surtout complète: c'est la seule science qui ne rejette rien.

b) suite à celui de Vincere Aut Mori
Il s'agit bien de ce livre. Je ne connais pas celui que tu indiques mais j'en ai d'autres attribués à Sri Sankaracharya ou avec ses commentaires. Mais je verrai si je peux le trouver.

J'ai lu que tu retenais la formule Sat Chit Ananda et je me demande comment tu "la vois" dans le rituel maçonnique?.
Dans cette optique, j'ai aussi un faible pour le Neti Neti.
TAf
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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Sam 30 Juil - 14:29

MTCF

J'aime effectivement la "formule" Sat Chit Ananda qui d'ailleurs n'est finalement pas très éloignée de Vincere Aut Mori....

Ce qui serait intéressant, avant que je réponde à ta question, c'est que tu me dises si cette formule "te parle" également et si de ton point de vue elle peut ou non avoir, par analogie, une place dans les rituels maçonniques des trois premiers degrés. N'oublions pas que l'initiation maçonnique, là je parle plus précisément des trois premiers degrés, correspond à l'initiation traditionnelle aux petits mystères...


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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Sam 30 Juil - 15:21

Peut être serait-il intéressant, pour les autres lecteurs du forum, que quelqu'un donne une explication de la formule "sat chit ananda" ?

Jean Serlun
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lucien



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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Sam 30 Juil - 16:59

Mes TT CC SS et FF ,

Sat-Chit-Ananda (Satchitananda: différentes écritures selon les auteurs), peut se traduire le plus « exactement » possible par :

Sat : Réalité (ou Etre) – malheureusement souvent traduit par « existence » ce qui est un contresens et même une erreur fondamentale, car l'existence désigne ce qui appartient à l’Un ou Etre vu comme principe de la manifestation (de la création au plan théologique), bref les créatures.
Maintenant, si l’on entend par existence – ce qui est souvent le cas – ce qui est réel, alors il y a lieu de préciser ce que l’on vise par là : la Réalité absolue ou la réalité relative (nécessairement finie).
Donc pour éviter au mieux les confusions et contresens, il vaut mieux entendre par Sat la Réalité absolue, l’Etre (au plan de l’hindouise, soit l’Etre désigne le Brahman absolu, non qualifié ou le même Brahman mais vu comme qualifié (Guénon explique bien la différence).
Et par existence, ce qui est fini, créé, contingent, ...

Chit : Connaissance (Conscience) ou en F :. M :., on peut traduire par Vraie Lumière, Lumière absolue, éternelle (par rapport à ceci, Sat peut aussi correspondre au Connaisseur, au Témoin absolu dans la mesure où Connaisseur, Connaissance et Connu sont trois aspects de la même Réalité ou trois points de vue mais unifiés)

Ananda : Béatitude, Félicité ou encore Joie.
C’est l’état du Libéré, du Délivré, de l'Eveillé, la Joie du Bouddha comme du Christ, c’est l’ « état » d’harmonie parfaite, d’Amour (au plan le plus élevé).

Cette expression "Sat-Chit-Ananda" désigne l’Illimité - Eternel – Immuable, et non pas trois aspects de la Réalité. C'est un équivalent du Non-Deux.
ou encore c'est "voir Dieu avec l'oeil de Dieu" pour plagier Maître Eckhart.

Voilà quelques indications à creuser, à préciser et donc loin d'être complètes.

T A F
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lucien



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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Sam 30 Juil - 20:55

Mes TT CC SS et FF ,

TCF Vincere aut Mori

« Vincere aut Mori », « Vaincre ou mourir »

Peut-on (pourrait-on l’intégrer dans un rituel ?) l’appliquer au trois premiers degrés ?

Oui on peut l’appliquer à ces degrés et à tous les autres degrés d’ailleurs.
Peut-on l’intégrer dans un rituel de ces trois degrés ? Comme cela se pratique, il arrive que des rituels spéciaux à l’occasion de « fêtes » spéciales sont mis en place, et dans ce cadre pourquoi pas.
Peut-on l’utiliser pour commenter, expliquer les rituels, voir certains symboles : je pense que oui. Par exemple, je pense immédiatement au dialogue de Krishna et Arjuna sur le champ de bataille. Je pense aussi à l’Evangile et au fait de donner sa vie pour l’Eternel. Je pense aussi au « quo vadis » adressé à Pierre, à Jean le Baptiste...

Mais l’engagement pris dès le 1er degré implique de « se construire » une vie fondée sur « vaincre ses passions », « mourir au vieil homme »…. Vaincre pour mourir et renaître…
Et tout cela implique, normalement, de réussir la taille de sa pierre et ce même si l’on devait en mourir…
Bien entendu, il faut être prudent quant à l’interprétation et au(x) cadre(s) auquel elle peut s’appliquer pour éviter des interprétations et applications peut conforme à la vraie spiritualité (on peut songer au « bombes humaines » …)
Voilà, quelques réflexions insuffisantes certes mais c’est un début.
Mais le sens fort me semble être la volonté ferme de l'engagement et ce jusqu'au bout (avec S:. F:. et surtout B:.); je dirais que si la lettre de l'expression n'y est pas, l'esprit y est (en tout cas pour ceux qui s'engagent sincèrement)

T A F
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LeMat



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MessageSujet: Re: Gourou et Maçonnerie   Mer 11 Jan - 16:44

Bonjour à tous,

Voilà un extrait d'un entretien avec Eric Baret, dans le livre le sacre du dragon vert

Pensez-vous qu'il est nécessaire d'avoir cet instructeur, faute de quoi on vivrait des égarements fréquents ou répétitifs, ou encore une stagnation?

Le problème ne se pose pas. C'est un peu comme si on demandait «Est-il nécessaire de tomber amoureux?». Vous tombez amoureux ou vous ne tombez pas amoureux. Vous faites une rencontre ou vous ne la faites pas. Si vous la faites, c'est parfait; si vous ne la faites pas, c'est parfait aussi.

Est-ce que le maître peut nous aider à éteindre le bruit du monde?

Non. C'est quand le bruit du monde s'éteint que vous rencontrez celui qui doit vous aider.

On dit souvent que c'est lui qui nous cherche, que ce n est pas nous qui cherchons; nous, nous trouvons.

C'est un courant. Un courant qui vous prend en charge. Il faut faire une grande différence, une totale différence, une absolue différence entre un maître et un instructeur spirituel. Le maître est ce que l'on appelle un guru. Le guru, c'est celui qui est pleinement établi dans la vérité, dont la présence se reflétera dans la présence de l'élève. Son enseignement n'a aucun sens: il n'enseigne pas. Son être seul est son enseignement. Il y a des gurus qui formulent, répondent à des questions; il y en a qui ne répondent pas. Les paroles de ceux qui répondent ne constituent pas leur enseignement véritable.

L'instructeur spirituel, c'est quelqu'un qui a eu un pressentiment profond de la vérité et qui s'est rendu compte de ses antagonismes, mais qui n'est pas établi sciemment dans la vérité. Il a des moments où les éléments supérieurs à ses capacités passent à travers lui, où un enseignement, un courant peut s'exprimer; il peut participer au cheminement d'un de ses amis. C'est ce que l'on appelle un «upa guru». Il aide à préciser la question fondamentale, mais le seul qui a droit au titre de maître ou de guru dans le sens de l'Inde, c'est celui qui est assis dans la vérité. À jamais, celui qui ne peut jamais revenir à un fonctionnement personnel. Chez qui jamais un désir ou une peur ne peuvent apparaître, sinon cela signifie que la personne a encore un fonctionnement personnel, limité, réactif.

Maître Eckhart dit très clairement au sujet de Saint Paul: «Quand la grâce l'a quitté, il resta ce qu'il était»: un pauvre homme.

Il n'y a pas de désir chez un maître. Un maître n'a pas un ego qui vient de temps en temps et qui s'en va.

Mais tant qu'il y a une personne, est-ce qu'il n 'y a pas un ego?

Oui. Mais chez un maître, il n'y a plus de personne.

Ils doivent être extrêmement rares quand même, non?

Il y a effectivement très peu de maîtres Eckhart. Mais le fait qu'il y en ait un suffit à prouver la possibilité. Quand vous rencontrez un tel être qui ne prétend rien, n'enseigne rien, ne demande rien, vous êtes percuté. C'est ce qui importe.

Cordialement.
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