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 catholique et franc-maçon : première partie.

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Jean Serlun

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MessageSujet: catholique et franc-maçon : première partie.   Jeu 10 Sep - 0:15

Catholique et franc-maçon ?

Introduction :

Depuis le 14 juillet 2003, l’interview de Mgr Henri Brincart, évêque du
Puy-en-Velay, par Claire Henrot (RCF-Le Puy), est reprise sur plusieurs sites
comme démonstration péremptoire de l’incompatibilité entre l’appartenance à la Franc-maçonnerie et la profession de la religion catholique, apostolique et romaine.

Je souhaite, sur ce forum, démontrer que les arguments du respectable
évêque ne tiennent pas à l’analyse. Qu’il m’en excuse et n’y voie aucune
hostilité. Simplement, je le suppose honnête mais mal informé.

Je me propose de procéder de la façon suivante : Je vais suivre le texte (en italique) et l’émailler de mes remarques (en caractères droits et en retrait).

« - Au cours des dernières décennies, la Congrégation pour la doctrine de la foi a rappelé aux catholiques que l´appartenance à un mouvement maçonnique était contraire à la foi chrétienne. J´aimerais savoir pourquoi toutes ces réserves face à la Franc-maçonnerie. ?

- Votre question est courageuse. Avant d´y répondre, je voudrais faire, en guise de préliminaire, les remarques suivantes :

1) Il arrive que les hommes soient bien meilleurs que les doctrines auxquelles ils adhèrent. Il faut s´en souvenir lorsque nous rencontrons des francs-maçons. En revanche, c´est toujours le contraire qui se produit lorsqu´il s´agit de l´Evangile. L´Evangile est plus grand que celui qui le professe. Nous comprenons dès lors pourquoi la première vertu chrétienne est celle de l´humilité.

Jusque là, pas de problème.
J’ajouterai cependant que l’humilité est aussi une vertu maçonnique si l’on
comprend bien l’initiation comme ayant pour objectif la dissolution de l’ego.
Le Franc-maçon doit aussi combattre l’ignorance, le fanatisme et l’envie,
toutes vertus qui – me semble-t-il – sont propres au message évangélique.


2) Au cours d´un dialogue, il convient de rejoindre le coeur profond de son
interlocuteur. Dans ce coeur, en effet, il y a des aspirations qu´une fausse
doctrine ignorera. C´est encore le cas des francs-maçons.


Nous sommes toujours d’accord : Si l’on s’en tient à la seule raison, on ne progressera pas au-delà du mental qui se développe dans l’illusion du monde matériel. Dans le langage symbolique, le « cœur » n’est d’ailleurs pas le siège des sentiments (vision romantique non traditionnelle) mais celui de l’intuition intellectuelle, élan supra-rationnel qui permet de rejoindre l’Esprit qui habite en soi.

3) Les origines historiques de la franc-maçonnerie sont obscures. Dans le cadre de notre émission, je ne puis m´attarder sur elles. Pour éclairer mon propos, il suffit de dire que la franc-maçonnerie, telle qu´elle apparaît au début du 18ème siècle, ne peut revendiquer sérieusement une filiation avec certaines corporations médiévales, par exemple, avec celle des tailleurs de pierres. De telles corporations, en effet, étaient d´inspiration chrétienne. Or les constitutions d´Anderson de 1723, texte de référence pour tous les francs-maçons, ne comportent plus la moindre référence au Dieu révélé en Jésus Christ, révélation reçue, gardée et transmise par l´Eglise fondée sur les apôtres envoyés par le Ressuscité prêcher au monde l´Evangile du Salut. Un orfèvre en la matière, Jacques Mitterrand - qu´il ne faut pas confondre avec son homonyme célèbre, François Mitterrand, l´affirme nettement dans un livre où il explique les principes fondamentaux de la franc-maçonnerie.

Première réfutation :

L’auteur s’empresse de nier les origines artisanales de la
Maçonnerie actuelle. Et pourtant, c’est bien dans le corps
ancien de la maçonnerie de métier que ce sont glissés les hommes d’Anderson et Désaguliers au début du XVIII° siècle, même s’ils l’ont dénaturée et s’ils ont cherché à faire oublier l’origine de leur organisation. Mais, rattrapés au cours du XVIII° siècle par l’action des « Anciens », les
« Modernes » ont dû se rapprocher de leur source opérative.

Par ailleurs, la quasi-totalité des Rites pratiqués aujourd’hui, naguère et autrefois, par les francs-maçons du monde entier se réfèrent sans aucune ambiguïté à la tradition judéo-chrétienne comme base exotérique de la démarche initiatique. Certains rites sont christiques (comme le Rite Ecossais Rectifié), d’autres exigent que les adeptes soient de religion chrétienne (comme la Stricte Observance Templière). D’autres sont davantage influencés par l’hermétisme et le pythagorisme (comme le Rite Ecossais Ancien et Accepté). Rares sont ceux qui rejettent leur paternité juive et chrétienne (comme le Rite français moderne) même s’ils tiennent une place importante au sein d’une maçonnerie latine par ailleurs extrêmement minoritaire dans le monde.

Je regrette de devoir constater que, dès le début de son argumentation, l’auteur s’engage dans une vision restrictive et erronée de la Franc-maçonnerie, largement confondue avec l’opinion des membres d’une seule obédience et donnant aux écrits de quelques autres (fussent-ils « grands maîtres) une autorité qui n’a aucun sens pour l’immense majorité des francs-maçons.

Il oublie que le Grand Maître de telle ou telle obédience n’est pas le Pape, que son opinion n’est pas normative et ne saurait engager un Franc-maçon que s’il la partage.

Le paysage maçonnique n’a rien de la « tunique sans couture » du Christ ; cela serait plutôt un manteau d’Arlequin.

Et maintenant, j´en viens à la question souvent posée : "Peut-on être
catholique et franc-maçon ?" Je réponds clairement : non ! La déclaration
de la Congrégation pour la doctrine de la foi, déclaration engageant fortement l´autorité de l´Eglise, est sans ambiguïtés sur ce point. Elle est du 26 novembre 1983, signée par le cardinal Ratzinger, préfet de cette Congrégation et dit ceci : "On a demandé si le jugement de l´Eglise sur les associations maçonniques était changé étant donné que dans le nouveau code canonique, il n´en est pas fait mention expresse comme dans le Code antérieur. Cette Congrégation est en mesure de répondre qu´une telle circonstance est due aux critères adoptés dans la rédaction qui a été suivie aussi pour d´autres associations également passées sous silence parce qu´elles sont incluses dans des catégories plus larges.


Le jugement négatif de l´Eglise sur les associations maçonniques demeure inchangé parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l´Eglise et l´inscription à ces associations reste interdite par l´Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.

Les autorités ecclésiastiques locales n´ont pas compétence pour se prononcer sur la nature de ces associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci-dessus. Le Souverain Pontife Jean-Paul II, dans l´audience accordée au cardinal Préfet a approuvé cette déclaration".


Cette déclaration a été précédée par une autre, non moins claire, cette fois de la conférence épiscopale allemande. Faite en 1981, elle est cependant peu connue. C´est pourquoi j´invite mes auditeurs à la lire dans " la Documentation catholique " (n°18O7). On y développe longuement l´incompatibilité fondamentale entre la doctrine de la maçonnerie et les enseignements de l´Evangile.

Deuxième réfutation :

Il convient de considérer la déclaration de la congrégation pour la doctrine de la Foi à sa juste valeur et, selon la hiérarchie des lois de l’église, ne saurait prendre le pas sur le droit canon. Or, celui de 1983 – le dernier en date – ne mentionne plus, en aucune façon, les Francs-maçons comme passibles d’excommunication, au contraire du droit canon de 1917.

Certes, une « juste peine » doit être infligée à ceux qui complotent contre l’Eglise mais cela est totalement inapplicable aux francs-maçons spirituels (la quasi-totalité) qui seraient choqués d’être assimilés à des ennemis de la Foi et laisse complètement indifférents les francs-maçons « adogmatiques » du Grand Orient que l’Eglise intéresse de moins en moins depuis qu’elle ne menace plus la
République.


Et qu´en disent les francs-maçons ? La franc-maçonnerie reconnaît elle-même cette incompatibilité. J´en veux pour preuve ce que dit à ce sujet Paul Gourdeau, ancien grand maître du Grand Orient de France.

Ecoutons son message : "Ce qu´il est aujourd´hui important de comprendre c´est que le combat qui se livre actuellement conditionne l´avenir, plus encore le devenir de la société. Il repose sur l´équilibre de deux cultures : l´une fondée sur l´Evangile et l´autre sur la tradition historique d´un humanisme républicain. Et ces deux cultures sont fondamentalement opposées : ou la vérité est révélée et intangible d´un Dieu à l´origine de toute chose ou elle trouve son fondement dans les constructions de l´Homme toujours remises en question parce que perfectibles à l´infini. De cette bataille perpétuelle recommencée avec vigueur depuis quelques temps, Malraux disait hier que le 21ème siècle
serait religieux ou ne serait pas.


C´est à cette affirmation, c´est à ce défi qu´il nous appartient de répondre." (" Humanisme " n°193, octobre 1990). Faire dire à la franc-maçonnerie ce qu´elle n´a jamais pensé, c´est à l´évidence faire preuve d´une naïveté nourrie d´ignorance, c´est confondre sentimentalisme et générosité. Mais Gustave Le Bon ne disait-il pas déjà : « Beaucoup d´hommes sont doués de raison, très peu de bon sens. »

Troisième réfutation :

Et de nouveau cette confusion ! Qu’est-ce que cela veut dire : « la franc-maçonnerie reconnaît elle-même cette incompatibilité » ?

En quoi l’opinion d’un ancien grand maître du GODF a-t-elle valeur normative pour un maçon de la GLNF ou de la GLDF ? Et ne parlons pas d’un frère ou d’une sœur dont la libre recherche s’exerce au sein d’une loge indépendante ! Ici, la méconnaissance de l’évêque du Puy-en-Velay atteint des sommets car, tout de même, les renseignements démontrant la très grande diversité de la Franc-maçonnerie ne sont guère difficiles à obtenir !

Car si l’ancien grand maître du GODF ainsi cité est vraiment persuadé qu’il doit combattre l’idée d’une « vérité révélée et intangible d’un Dieu à l’origine de toute chose », bien des frères et des sœurs, tout en respectant son choix, ne peuvent que regretter qu’il passe ainsi à côté de la démarche initiatique traditionnelle pratiquée dans d’autres contextes maçonniques.

A suivre …..
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MessageSujet: Re: catholique et franc-maçon : première partie.   Jeu 10 Sep - 13:19

Citation :
Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.

Shocked Rolling Eyes

Je participe de temps en temps à la messe, et je partage la "sainte communion" avec les autres chrétiens... Wink

**********************

Il y a des anti-maçons chez les catholiques, comme il y a des anti-catholiques (ou plutôt anti-cléricaux) chez les maçons... et c'est parfois amusant d'assister à leurs disputes... Wink

C'est "rassurant" d'une certaine façon.
Parce que cela prouve qu'il existe, en France, une réelle liberté de penser.
Ainsi qu'une liberté d'exprimer ses idées (sans diffamer).

Et les critiques, même si elles sont injustes, peuvent conduire à des auto-critiques positives et constructives.
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hard
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MessageSujet: oui mais ...   Lun 21 Mar - 18:40

Je ne suis pas franc-maçon et ma profession (avocat) m'a confronté - tout comme d'autres confrères - à des réseaux maçonniques incitant des comportements lamentables.
Le discours "anti-maçonniste" de cet Evêque doit pouvoir s'expliquer autrement.
Le chrétien ne prétend pas être meilleur que les autres, il a conscience de son état de pécheur et est confiant en la révélation évangélique. Et c'est quelqu'un de culture humaniste car il croit, contrairement au Juif ou au Musulman en un Dieu fait homme qui élève tout individu - croyant ou non croyant - en une personne que Dieu avant tout aime et qui le rend donc quelque part digne et sacré.
La chose est-t-elle identique dans les mondes maçonniques ? Je ne le crois pas du tout.
Ce qui me choque tout d'abord dans vos traditions maçonniques, c'est cette prétention d'être des fils de la lumière. De quelle lumière, de quelle révélation s'agit-il ? Est-ce à dire que vos cooptations, vos travaux en loge, votre culte de l'ésotérisme, de l'hermétisme vous élèverait à un rang au dessus de celui du citoyen lambda et vous donnerait de plein droit accès à une sorte d'aristocratie ? Ceci ne me semble pas fraternel pour deux ronds (ou alors il s'agit d'une fraternité bien sélective ...).
De même, si je peux comprendre une sympathie ambiante au sein d'une communauté de personnes (elle est normale entre individus qui se connaissent et font de choses ensemble) je comprends mal cet esprit d'entraide qui va stimuler le favoritisme et l'affairisme jusque dans les sphères de pouvoir, dans le monde politique, médiatique et judiciaire.
Et ne venez pas dire que l'affairisme en franc-maçonnerie est un fantasme alimenté par le cléricalisme car tous les travaux d'historiens et de journalistes le démontrent suffisament dans le temps. Le problème est particulièrement flagrant en Wallonie où toutes les affaires de corruption (et il y en a ...) trouvent leur origine dans l'affairisme politico-financier alimenté par les réseaux maçonniques de type GO. A tel point que dans le monde judiciaire, quand une affaire sensationnelle se révèle foireuse, on sait généralement que les réseaux "trois points" ne sont pas loin.
Ce qui est donc horripilant à la longue est d'entendre dans les médias d'éminents franc-maçons journalistes ou hommes politiques avoi la prétention de venir juger et diffamer les principales communautés religieuses (catholique et musulmane en France notamment) en leur imputant n'importe quoi en toute méconnaissance des faits et dogmes, et ensuite de les voir comploter entre eux pour réaliser bons plans, voire bonnes carrières. Cette forme avérée de corruption, alimenté par des discours laïcistes, détruit tout lien social entre nos concitoyens et cette arrogance maçonnique en la principale cause.
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: catholique et franc-maçon : première partie.   Mer 30 Mar - 8:55

Le commentaire de notre invité n'a qu'un rapport assez lointain avec le thème traité qui est - je le rappelle - "peut-on être catholique et Franc-Maçon ?" et aborde plusieurs sujets assez différents qui sont :

1. la spécificité de celui qui a reconnu la révélation évangélique par rapport aux autres Religions et - je cite - aux "mondes maçonniques."

2. l'élitisme maçonnique.

3. l'affairisme.

4. ce qu'il appelle l'arrogance et l'hypocrisie maçonniques.

Dans le premier point, il nous livre son opinion de la supériorité de la religion chrétienne sur les autres religions du Livre. C'est son droit mais je ne partage pas l'idée que les autres religions ayant régulièrement reçu la Tradition ne permettraient pas aux hommes de s'élever vers un Dieu d'Amour qui nous aide à prendre conscience de la dignité et du caractère sacré de notre être. L'Histoire prouve combien les hommes peuvent trouver ou ignorer l'amour divin à travers les religions qui se sont succédées. N'oublions jamais que la montagne divine peut être escaladée sur plusieurs faces et que l'on peut aussi "dévisser" sur chacune des faces.

J'ajouterai que c'est probablement par ignorance (compréhensible) de la Franc-Maçonnerie que l'auteur du commentaire doute de la possibilité qu'il se trouve "dans les mondes maçonniques" (sic) une situation semblable à celle qu'il décrit comme étant la spécificité chrétienne.
Comme notre évêque du Puy, il oublie qu'il n'y a pas de "religion maçonnique" au sens confessionnel du terme et qu'à l'intérieur des multiples façons d'être Franc-Maçon, il y a des frères et des soeurs qui constuisent leur démarche initiatique sur leur foi chrétienne et d'autres sur d'autres bases exotériques. Pour les premiers, la révélation chrétienne garde tout son sens. L'initiation permet cependant d'y ajouter la dimension ésotérique.

.... mais ce sera le sujet de la suite de ce commentaire ... prochainement.
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: catholique et franc-maçon : première partie.   Mer 30 Mar - 21:55

La suite de ce commentaire abordera la dimension particulière de l'initiation et donc celui de l'élitisme maçonnique.

C'est une sujet fort difficile à aborder en quelques lignes. Il faudrait conseiller à notre contradicteur la lecture des ouvrages de René Guénon, et tout particulièrement des "Aperçus sur l'Initiation" qui précisent bien la dimension ésotérique de la démarche initiatique.

Pour faire court, toute Tradition régulière comprend un volet exotérique aisément accessible à chacun d'entre nous (c'est ce que les gens appellent communément une "religion") et un volet ésotérique qui suppose un effort particulier auquel tous sont appelés mais que tous ne sont pas prêts à faire.

C'est pourquoi l'initiation n'est pas partagée par tous mais seulement pas ceux qui s'y sont engagés. En tant que voie initiatique, la Franc-Maçonnerie ne doit rejeter personne mais s'assurer avant l'entrée que chaque postulant a reconnu en lui les qualifications nécessaires à sa démarche.

C'est donc bien une ELITE au sens qu'il y a une sélection mais cette sélection ne porte ni sur les biens matériels, ni sur le statut social ni même sur l'accumulation des savoirs profanes. Elle porte sur les qualités de coeur et la volonté de se perfectionner.

En tout cas, c'est ce qui devrait être la rêgle si les hommes n'étaient pas si faillible !

A suivre
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: catholique et franc-maçon : première partie.   Jeu 31 Mar - 8:40

Je fais à nouveau suite à ma réponse à notre contradicteur du 21 mars.

Il se pose la question de la Lumière dont les Francs-Maçons se diraient fils, affirmation qu'il trouve prétentieuse. Il assimile ensuite cette Lumière à la Révélation et se demande donc de quelle révélation il s'agît.

En fait, les Francs-Maçons ne se disent pas "fils de la Lumière" mais "enfants de la Veuve", ce qui recouvre de multiples significations dont ce commentaire n'est pas l'objet.

N'oublions-pas que a Lumière est une manière symbolique de désigner la Connaissance. Cette Connaissance se distingue des savoirs profanes par le fait qu'elle s'obtient non par exercice de la raison (qui n'est qu'une étape transitoire) mais par ce que Guénon appelle "l'intuition intellectuelle" et par la transformation progressive de soi-même selon une sorte d'Alchimie.

Les Francs-Maçons que ce sujet intéresse (ce n'est pas le cas de la majorité d'entre eux) ne prétendent pas que la Connaissance leur a été révélée mais que l'initiation leur donne des outils pour construire le chemin qui les aidera à s'en approcher.

Rappelons que les Franc-Maçonns réguliers (au sens initiatique du terme, le sens administratif n'ayant strictement aucune valeur) ne peuvent travailler qu'en présence de l'Evangile ouvert au prologue de Saint Jean et qu'ils précisent toujours que cet Evangile est celui de la Lumière.

Relire ce prologue nous éclaire (sans jeu de mot) sur la Tradition à laquelle se réfèrent les Francs-Maçons.
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: catholique et franc-maçon : première partie.   Jeu 31 Mar - 22:40

L'affairisme est une plaie de toutes les organisations humaines et je ne pense pas que la Franc-Maçonnerie soit seule à en subir l'opprobe.

Par contre, affirmer de façon péremptoire que "toutes les affaires de corruption" y sont liées relève du fantasme ou de la mauvaise intention.

Dans la très grande diversité maçonnique, on trouve heureusement de nombreuses Loges très éloignées des réseaux d'affaires. On y vient pour une recherche désintéressée, sociétale pour les uns, spirituelle pour les autres. Mais ce type de Maçonnerie n'intéresse guère tous ceux que le complotisme rassure et il est plus facile de dénoncer l'arbre de l'affairisme de certains qui cache la forêt de l'honnêteté de la plupart.

Mais jamais on ne convaincra qui est persuadé du contraire !
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: catholique et franc-maçon : première partie.   Sam 2 Avr - 9:19

La fin de l'intervention de notre contradicteur est assez décevante.

L'envolée anti-maçonnique y atteint des sommets : les Francs-Maçons jugeraient et diffameraient les communautés religieuses, leur imputeraient "n'importe quoi" puis comploteraient par carriérisme de façon arrogante.

On est là dans un jugement à charge excessif et caricatural.

Certes, certaines obédiences maçonniques donnent (un peu trop) facilement leur opinion sur de nombreux sujets de société et rappellent leur attachement à la laïcité. Mais, qu'on soit ou non d'accord avec elles, ces opinions sont généralement modérées et, contrairement à ce que prétend notre invité, ne visent surtout pas à "détruire le lien social entre nos concitoyens".

Je suis de ceux - beaucoup plus nombreux - qui pensent qu'une organisation initiatique devrait s'abstenir de tout commentaire sociétal mais d'autres peuvent penser et agir autrement sans être condamnés.

Un fait récent est d'ailleurs assez significatif : les représentants des cinq grandes religions présentes en France ainsi que quelques obédiences (dont le Grand Orient de France) viennent de prendre - séparément - position contre le débat projeté par le gouvernement sur la laïcité, estimant que le sujet était déjà tranché depuis 1905 et qu'il n'était pas opportun de l'agiter à nouveau en période électorale : bel exemple de convergence !

En conclusion de ce long commentaire, condamner et accuser est facile mais dangereux. Chercher à connaître et à comprendre est un chemin difficile mais bien plus enrichissant pour tous.
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lucien.d
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MessageSujet: Question piège   Sam 18 Juin - 15:54

Peut-on être catholique et franc-maçon?
Ces questions types "oui-non", ou encore "pour ou contre" sont toutes piégeantes.
la réponse est à cette question est "oui-non" car tout dépend de l'homme, de sa nature, de ses potentialités, etc.
La question: la chrétienté est-elle contraire, opposée à la Franc-maçonnerie et réciproquement est déjà plus pertinente.
Et de fait, que l'on se réfère aux old charges, aux constitutions d'Anderson ou à l'Ahiman rezon (téléchargeable gratuitement) ou encore à la présence de toute une série de symboles maçonnique (dans la maçonnerie régulière, traditionnelle et fidèle aux textes ci-dessus), il est incontestable que la Franc-maçonnerie ne peut s'opposer à la chrétienté et qu'elle est redevable à celle-ci pour sa continuité spirituelle. Si elle est en parfait accord avec la chrétienté et son message, la question se pose différemment si on se place sur le terrain non plus des principes spirituels, mais sur celui des institutions: alors, il ne s'agit plus à proprement parler de la Spiritualité mais d'hommes qui ont atteint une plus ou moins grande compréhension de l'enseignement spirituel, qui l'ont réalisé plus ou moins et là, heureusement et malheureusement, les oppostions ne manquent pas y compris à l'intérieur des formes spitiruelles.
En ce qui concerne la Franc-maçonnerie, il y a chez les maçons eux-mêmes et à fortiori dans le public non-maçonnique, des confusions majeures dont la principale est entre la maçonnerie traditionnelle, orthodoxe et l'autre dite libérale qui se développe dans un sens de plus en plus selon l'idéologie laïque laquelle implique la négation de tout principe spirituel (si ce n'est comme construction voire fantasme, humaine).
Rappelons que le Christ est la Lumière des hommes (la lumière brille dans les ténèbres, ... - cf. Saint Jean chap. 1) et que la maçonnerie régulière fait référence à la Lumière, que celle-ci est même le centre de ses préoccupations, que c'est par elle que l'on est fait maçon, que c'est elle que tout maçon de coeur et d'esprit cherche.
Voilà pour une première réflexion: si chacun s'en tenait au(x) Principe(s) spirituel(s), l'union se ferait rapidement car l'Eternel Infini et Immuable ne peut être qu'Un (mieux Non-deux)
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: catholique et franc-maçon : première partie.   Sam 18 Juin - 18:32

Cher "lucien invité",

En lisant ton texte, je pense que ce forum t'intéressera car l'initiation conçue comme une démarche spirituelle est au coeur des préoccupations de ceux qui l'animent.

N'oublions jamais que ce que l'on peut appeler "le paysage maçonnique" est beaucoup plus étendu que que la démarche initiatique spirituelle que mènent une partie des maçons. Cependant, la démarche initiatique spirituelle est aussi plus vaste que la franc-maçonnerie, même si celle-ci, comme disait Guénon, a le privilège de rester l'une des dernières organisations initiatiques régulières dans la "civilisation occidentale".

Quant aux deux volets, exotériques et ésotériques, de la Tradition universelle, c'est folie de les croire incompatibles.
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lucien



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MessageSujet: Re: catholique et franc-maçon : première partie.   Mar 21 Juin - 12:52

« Si l’on s’en tient à la seule raison, on ne progressera pas au-delà du mental qui se développe dans l’illusion du monde matériel » : il ne faut pas oublier la dimension psychique et sa puissance à générer de l’illusion (idéologies, idolâtrie, fanatisme, laïcité, …). Comme le dit Guénon, c’est par cette dimension que Satan a prise sur le monde.

« l’auteur s’engage dans une vision restrictive et erronée de la Franc-maçonnerie, largement confondue avec l’opinion des membres d’une seule obédience et donnant aux écrits de quelques autres (fussent-ils « grands maîtres) une autorité qui n’a aucun sens pour l’immense majorité des francs-maçons. »

attention de ne pas sous-estimer la puissance de la tendance libéral et laïque qui gangrène la F :. M :. lentement mais sûrement

« Le paysage maçonnique n’a rien de la « tunique sans couture » du Christ ; cela serait plutôt un manteau d’Arlequin. »

Cette approche me pose question : il s’agit bien comme le dit Guénon du Non-deux, du Principe unique. Ne pas confondre la multiplicité des chemins, ne pas confondre la multiplicité des formes traditionnelles dérivant d’une même lumière même si la perte de la perception de la Lumière Une n’est plus d’actualité et que l’on n’en perçoive plus que certaines couleurs.
Je pense que la « tunique dans couture » est toujours un fait, la Réalité même si on croit la percevoir comme un manteau d’Arlequin.

« Certes, une « juste peine » doit être infligée à ceux qui complotent contre l’Eglise mais cela est totalement inapplicable aux francs-maçons spirituels (la quasi-totalité) qui seraient choqués d’être assimilés à des ennemis de la Foi et laisse complètement indifférents les francs-maçons « adogmatiques » du Grand Orient que l’Eglise intéresse de moins en moins depuis qu’elle ne menace plus la République. »

Malheureusement je constate l’expansion médiatique que prennent les « Grand Orient » (de France, de Belgique ou d’ailleurs) en particulier en se ralliant au scientisme, au libéralisme et à la laïcité qui n’est qu’une singerie habile (cf Guénon sur la capacité du diable à se faire oublier mais aussi du fait qu’il ne peut s’empêcher d’être grossier) des Lois spirituelles. Mais les cycles sont tels que les choses ne peuvent que s’accomplir selon ces lois.

Révélation : malheureusement, il faut constater que beaucoup de maçon, par ignorance même de ce qu’implique l’initiation et probablement par défaut de maturation, ne comprenne pas ce qu’est la révélation qui n’est que l’autre sens de l’intuition intellectuelle (du haut vers le bas quant une connaissance spirituelle, une augmentation de lumière s’impose à moi spontanément, le eureka – et du bas vers le haut quand je perçois de la lumière face à moi ; ce sont les deux faces d’un même processus d’élévation)
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catholique et franc-maçon : première partie.
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