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 L'égo, la pierre brute à dégrossir...

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MessageSujet: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Jeu 10 Sep - 11:23

Je cite un extrait de la contribution de Jean dans le sujet "Catholique et Franc-Maçon".

Citation :

(...)

J’ajouterai cependant que l’humilité est aussi une vertu maçonnique si l’on
comprend bien l’initiation comme ayant pour objectif la dissolution de l’ego.

(...)

Nous avons une approche différente sur ce sujet.

La "dissolution de l'égo", on retrouve bien cet objectif dans les initiations "orientales".
Pour moi, c'est tout simplement irréaliste, la dissolution de l'égo interviendra en son temps, à notre mort d'individu...

L'initiation maçonnique m'a toujours paru beaucoup plus REALISTE.

L'égo, c'est la pierre brute que nous avons à dégrossir, puis à tailler.

Et la tradition maçonnique nous indique les outils pour ce travail.

Le ciseau et le maillet n'ont pas pour objectif de dissoudre la pierre brute, mais de la dégrossir et de la tailler...

Nous avons d'abord à nous accepter tels que nous sommes, nous avons à "faire connaissance" avec notre égo, pour le dégrossir.
C'est le "Connais-toi toi-même"... "Visite l'intérieur de la terre..."
(Et bien sûr, l'égo peut être - ou devenir - humble !!!! Il ne faut pas confondre "égo" et "orgueil", ni "égo" et "égoïsme")

Il ne s'agit pas de fuir notre humanité : la dissolution de l'égo est pour moi une fuite, ou plutôt une regression vers un état premier, vers l'océan primordial, l'indifférencié...
Une nostalgie de notre état premier de foetus baignant, bienheureux, dans le liquide amniotique maternel.

La naissance d'un être humain, c'est justement une rupture avec cet état indifférencié vécu par le foetus... c'est justement une "incarnation" dans un égo.. cet égo qu'il faut "tailler"... cet égo qui voudrait bien retourner dans le ventre maternel, douillet, confortable, comme un éden...

Et je rajoute ci-après plein de points d'interrogation pour toutes mes phrases... ?????????????????????????????????????

Wink
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Invité
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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Jeu 10 Sep - 12:27

Je précise mes réflexions précédentes...

L'objectif maçonnique est la "Construction du Temple de l'Humanité", pour construire ce temple, il faut des pierres, des pierres taillées..

Ces pierres taillées sont constituées d'êtres humains réels (pas de purs esprits), de maçonnes et de maçons, avec chacune et chacun leur égo "taillé et poli" pour remplir sa fonction particulière, sa fonction individuelle dans l'oeuvre collective...

Certaines pierres massives et solides seront destinées aux fondations souterraines, ces pierres seront "invisibles" mais auront leur fonction...
Certaines pierres, légères et "charismatiques" seront destinées à la Beauté du Temple...
Certaines pierres...

Chaque pierre a sa place et son rôle dans le temple...
Chaque être humain, chaque "égo" a sa place et son rôle dans le Temple de l'humanité, et le travail du maçon est de "tailler" sa pierre.
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Ven 11 Sep - 0:20

Chère Pierrette,

Tu as certainement raison pour cet état humain dans lequel nous sommes actuellement et pour lequel existe notre initiation maçonnique.

Néanmoins, il faudra bien atteindre la dissolution de l'ego, pour la plupart d'entre nous après l'état humain, pour certains - bien rares - pendant cette vie : c'est l'Eveil ou la Délivrance du Bouddha.

L'objectif est bien le retour à l'état primordial, ou adamique, dans lequel notre volonté ne fait qu'un avec celle du Tout-Puissant.
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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Ven 11 Sep - 12:16

Nous nous retrouvons sur la même longueur d'ondes en ce qui concerne l'initiation maçonnique Wink

Pour ce qui est de l'Eveil ou la Délivrance du Bouddha, de la dissolution de l'égo :

Citation :
Néanmoins, il faudra bien atteindre la dissolution de l'ego, pour la plupart d'entre nous après l'état humain, pour certains - bien rares - pendant cette vie : c'est l'Eveil ou la Délivrance du Bouddha.

J'ai d'abord lu beaucoup de livres sur cette voie spirituelle de sagesse. J'ai été intéressée, séduite...
Puis j'ai voyagé, en Chine (il y a une vingtaine d'années et plus récemment), en Thaïlande... et j'ai pu constater certaines réalités du Bouddhisme...

J'ai pu voir la foi sincère du "peuple des croyants"... et l'exploitation de cette foi par les moines... les "clercs du Bouddhisme"...

Comme de nombreuses spiritualités et religions, le Bouddhisme n'échappe pas à cette fatalité... l'exploitation indigne de la foi par une minorité : moines, prêtres, rabbins, imams...etc...
Certains d'entre eux sont sincères, évidemment... mais combien "d'exploiteurs" !!! Evil or Very Mad

Tu comprendras pourquoi tous ces discours sur "la dissolution de l'égo"... "l'Eveil du Bouddha"... la "Délivrance"... me paraissent non seulement IRREALISTES, mais résonnent comme des slogans publicitaires destinés à séduire et à attirer un maximum de "clientèle" Crying or Very sad ...

NB : Par contre, en Chine, j'ai été fortement "impressionnée" par les Temples Taoïstes... et des moines taoïstes d'un temple à Pékin. Ils se consacraient notamment à la médecine chinoise. Je n'ai pu hélas dialoguer avec eux...
Etrangement, je me suis sentie "chez moi" dans cet univers taoïste, comme je me suis sentie "chez moi" quand j'ai été initiée Franc-Maçonne...
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lucien



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Lun 17 Oct - 9:54

En lisant les interventions ci-dessus, je ne peux que constater un manque de précision quant au point de vue pris, à la définition de certains mots. C’est vrai que l’exercice devient de plus en plus compliqué.

Tout d’abord, il n’est jamais question de dissoudre l’ego mais de se détacher de l’ego. De quoi parle-t-on ?
Dans l’être humain, l’on peut distinguer son individualité (corps et psychisme) de sa personnalité (du côté de l’ être, le Soi, l’Ame, l’Atman, …).
Par rapport à cette individualité, l’être a conscience d’avoir une individualité : c’est la notion du je suis et j’existe, sans plus.
Suite à ces interactions avec le milieu (familial, social, …) se forment des représentations de cette individualité (je suis bien, pas bien, je suis tel métier, ….) : ça c’est l’ego dont il faut se libérer, se détacher sans rejeter aucunement l’individualité qui retournera en poussière.

Le but de la spiritualité en général, est de relier chacun à sa dimension éternelle et immuable. Le but de l’initiation, des pratiques spirituelles comme la méditation, la contemplation, la prière silencieuse est de se libérer des limites dans lesquelles on s’est enfermé, on s’enferme en croyant que l’on est ceci ou cela, ce à quoi l’on tend à se réduire.

Par exemple (comme tout exemple il est aussi entaché de limitations), dire que l’on est tel métier est différent de dire que l’on exerce telle fonction, … ou dire j’ai telle maladie est différent de dire mon corps est atteint de tel trouble, … : l’idée est de ne pas (de cesser de) s’identifier à quelque chose de partiel, de fonctionnel.
Autre exemple plus net peut-être : croire que je suis ce corps et que par ma mort je retourne en poussière, est différent de croire que j’ai eu ce corps mais à ma mort mon âme n’est pas affectée et reste éternelle.

Amitiés et à suivre
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lucien



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Lun 17 Oct - 12:29

Pour poursuivre, le détachement, le dépouillement de ce qui nous limite et nous alourdit ne se limite pas à la forme mentale qu’est l’ego (j’entends bien les représentations mentales, les formations mentales et non l’individualité dans sa totalité) mais à toutes les formes mentales, par exemple l’attachement à nos opinions, à notre savoir, à nos fantasmes, etc. afin dans une première phase, de (re)trouver son équilibre, son harmonie intérieure, en rassemblant ce qui est épars (le passage de la pierre brute à la pierre cubique) ce qui ne peut se faire qu’en se tournant vers l’Universel, le Un ; ce qui a pour conséquence dans ses relations à l’autre, un développement de la compassion, de la charité, de la tolérance (spirituelle, étant une modalité de la vertu de Patience) : on retrouve ainsi la symbolique de la construction du Temple Universel, du Temple de l’Homme universel (comme préciser chez Guénon).

Mais quant à la construction du temple de l’humanité (qui n’est souvent qu’une transposition de l’humanisme), j’émet des réserves ; je dirais la construction du Temple de l’Homme universel en lequel l’humanité pourra trouver la Paix, l’Amour, l’Harmonie, la Sagesse, … bref un retour à l’Age d’or (si l’on se réfère à la théorie des cycles).

L’homme qu’il se définisse comme ceci ou cela (chrétien, bouddhiste, franc-maçon, musulman, laïque, athée …) ne fait pas de lui un saint : l’habit ne fait pas le moine.

Malheureusement, au nom de formes idéologiques diverses (formes religieuses instrumentalisées, pseudo religieuses, politique, ….), l’homme est pour l’homme son pire ennemi mais ce qui est certain c’est que la Vérité reste la Vérité, l’Amour reste l’Amour, …

Nier la Réalité ne change en rien la Réalité.

Amitiés à tous (et toutes)
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lucien



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Mar 18 Oct - 8:57

Complément :

La manière de « mener sa barque » (expression éminemment symbolique) pour traverser la « mer des passions » (l’agitation du mental, plutôt activité réduite au mental et comprenant les diverses émotions, imaginations, réflexions, désir(s)) dépend de l’individualité de chacun mais aussi de « l’étoile », du référent que l’on prendra pour ordonner cette « traversée » : prendra-t-on un référent spirituel (Bouddha, Christ, Brahman, Tao, la Lumière, …), prendra-t-on l’eau, l’horizon, rien, … ? A chacun d’assumer sa vie de façon responsable.

La F :. M :. régulière et traditionnelle offre une initiation, un chemin cadré par un ensemble symbolique permettant à chacun de suivre le chemin qui est le sien afin de s’accomplir, ce qui implique nécessairement le fait d’apporter un plus à la société aussi (au travers de sa famille, ses amis, son travail – pour rappel la fierté d’être un homme de métier, du travail bien fait, …) : monter vers la Lumière, la Connaissance implique de faire descendre cette Lumière vers les hommes, la terre (les chefs d’œuvres des Hommes de métiers en témoignent)...

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lucien



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Mar 18 Oct - 16:53

Complément 2 :

Une des difficultés rencontrées par beaucoup est celle de l’engagement dans la vie : que faire pour être utile ? A quoi ça sert de prétendre vouloir améliorer la société ou même soi-même ? Faut-il croire en un dieu ou pas, être athée, matérialiste, … faut-il se marier et assumer les promesses faites ce jour-là pour le reste de sa vie (peut-être suffirait-il de changer le texte, peut-être interdire toute promesse, mais alors, quid du droit, quid de .. ? …)

Nous sommes dans une société en pleine mutation sous la « conduite » si l’on peut dire de l’argent, du pouvoir (les deux vont ensemble à notre époque), de la quantité (plus de consommation, plus de plaisir(s), plus de liberté(s), plus de, plus de, encore plus… y compris plus de tueries… aussi plus de gens sur la terre), de la vitesse (mode du quantitatif : aller plus vite, échanger plus vite et plus, du « tout tout de suite »…), … mais on commence à percevoir des menaces diverses (pollution, couche d’ozone, déforestation, désertification, etc. – il suffit de s’informer) et pourtant il semble que l’on vit plus vieux (bien que le taux de suicide des jeunes, même des plus jeunes augmentent …), que l’on vit mieux et en meilleure santé (bien que le sida, les drogues diverses sévissent), …

Bref, les contradictions deviennent de plus en plus criantes, les systèmes de consommation et de production (y compris celui de l’argent, des richesses) « s’affolent », s’agitent de plus en plus …

Or, la quête spirituelle authentique, et plus encore sous sa dimension initiatique (prolongement d’un engagement spirituel antérieur normalement – mais qui veut encore de norme ?), va à l’encontre de cette agitation social (attention, cela ne veut pas dire que ça va à l’encontre de la démarche scientifique) : au lieu de chercher des sensations par tous les moyens et quasi à tout moment, on cherche le calme intérieur (tant du corps que du psychisme), au lieu d’être pour ceci et contre cela dans un processus d’opposition, on cherche à voir les complémentaires, à rassembler les aspects divers dans une harmonie optimale, au lieu de chercher du changement, on cherche la stabilité, au lieu de se livrer à l’action de plus en plus, on cherche des activités menées dans le calme, dans la quiétude, …

Le chemin spirituel est un chemin vers la profondeur, l’intériorité, vers la Paix (dont un exemple parmi tant d’autres, les Arts martiaux – j’insiste « les Arts » et non les sports de combat ! qui malgré des techniques extérieures semblables procèdent d’un esprit totalement opposé), vers l’Harmonie, la Beauté, bref la Vertu, … et plus on mature, on grandit au plan spirituel, plus l’ego (les représentations que l’on se fait de soi, des autres, ..) s’efface, plus l’autre (êtres humains, êtres animaux, êtres végétaux) prend sa place, de la place, … dans et par un regard de compassion, de charité, qui guident les activités (dont les actions) auxquelles l’on se consacre dans la vie de tous les jours…

mais attention, on part d’où l’on est, avec ce que l'on est et l’on progresse lentement mais sûrement (il faut aussi accepter ses manques, ses limitations actuelles, … son naturel) vers un équilibre, une harmonie rayonnante de plus en plus forte … mais il faut aussi pratiquer, pratiquer et encore pratiquer.

Rappelons-nous : marcher sur le Chemin, c’est comme marcher sur la lame d’un sabre.

Amitiés
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lucien



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Ven 21 Oct - 11:57

Complément 3 : une interrogation

Qu’est-ce que cela veut dire « tailler sa pierre », « se dépouiller de », « se détacher de », … ? Pour donner une réponse symbolique, c’est réaliser son Chef d’œuvre.

Mais est-ce le chef d’œuvre des Compagnons du Tour de France cautionnant le passage à l’état de compagnon fini ? En tout cas, par rapport à la maîtrise d’un métier, ce chef d’œuvre témoigne de cette maîtrise, non seulement du métier (si l’on ne considère que l’aspect technique), mais de l’homme surtout, ce que l’on appelait au sens opératif, profond, l’homme de Métier (le Métier étant essentiellement une activité opérative permettant à l’homme de se réaliser pleinement dans la perfection de son être, réalisation impliquant le rayonnement de l’homme par sa nature, par son Art attesté par ses chef d’œuvres successifs, apportant ainsi aux autres de la Beauté, du Savoir, de la Connaissance, … aussi par la transmission, autre réalisation d’un chef d’œuvre, celle d’un nouveau Compagnon)

Peut-on encore envisager de cette façon les « Métiers » de Roi (pour désigner symboliquement tout dirigeant d’un peuple, d’une nation, d’une école, d’une commune, …), de Chef, Métiers spirituellement fondés sur l’honneur, la confiance, le respect, le bonheur de chacun, … ou plus globalement sur l’Ordre (la Règle, le Devoir) ou Harmonie, …
(attention : Ordre ne se réfèrent pas à autoritarisme sous quelque forme que ce soit, c’est pourquoi nous en donnons l’équivalent, Harmonie)

Ne dit-on pas (ou disait en tout cas) qu’être parent est le premier Métier du monde, le métier le plus difficile parce que responsable de la formation d’êtres humains … (mais en quelques décennies, tout cela s’est « dissout » (ou « se dissout » lentement), - en fait, je ne sais pas bien décrire ce phénomène assez récent, mais sans doute que je ne possède pas les aptitudes suffisantes pour saisir et décrire ce que je perçois comme un désordre qui s’accélèrent, mais est-ce un désordre ? …
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lucien



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Dim 4 Déc - 9:36

Synthèse intéressante (de mon point de vue, bien entendu)

D. Que signifie la pierre brute ?
R. Elle est le symbole vrai d’un Apprenti, et du travail qu’il doit faire sur lui-même, pour pouvoir parvenir à la Vraie Lumière.

Amitiés
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LeMat



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Dim 8 Jan - 21:45

Bonjour à tous,

Tout d'abord, je tiens à dire en guise de présentation que je ne suis pas maçon mais féru d'Alchimie.
Ce n'est pas un hasard d'ailleurs si je me permet de réagir sur le Grand Œuvre ou l'élaboration de la Pierre (chez moi Philosophale).

Lucien dit le contraire de la Tradition.

Tout d'abord, il prétend que l'on peut distinguer l'individualité et la personnalité lorsqu'il cherche à préciser la définition de certains mots (sic).

Or, « personne » vient du latin et signifie « parler au travers de » ou du grec « prosopon » qui désignait le masque de théâtre. On voit bien ici que les deux sens se rejoignent et désigne non l'Être mais le paraître. En somme, la personnalité et l'individualité ne sont, contrairement aux assertions de Lucien, qu'une seule et même chose.

Cette « erreur » lui permet de nier la Voie en disant qu'il ne faut pas dissoudre l'Ego.

Lucien dit l'individualité « c'est le je suis, j'existe, sans plus ». Or, si le « je » ne se compare pas, il se dissout dans l'Absolu, dans l'indifférencié.

Il n'est plus une personne mais le Tout. C'est le principe de la vacuité bouddhiste. Il est l'Unique.

D'ailleurs, le « je » n'est-il pas le mot dans lequel on projette notre Ego. Détruisez le « je », il reste le « Noûs ». ^^

La véritable scission n'est pas entre l'individualité et la personnalité mais comme le dit Platon, il se situe entre le monde sensible et intelligible.

Cette « erreur » permet à Lucien de se complaire dans l'idée d'un chemin à parcourir, d'un développement personnel. Cela va aussi à l'encontre de la Tradition pour plusieurs raisons :

D'abord parce que la représentation d'un moi « amélioré » n'est qu'une projection intellectuelle, donc une illusion qui est de plus égocentrique.

Ensuite parce que la Tradition, occidentale au moins, récuse l'idée d'individu maître de son destin pour la bonne et simple raison que pour la Tradition, seul l'Unique est vérité, les individus ne sont qu'illusions. Comment des illusions pourraient-elles « être » maître de quoi que ce soit ?

Enfin parce que la Tradition enseigne que l'éveil est ici et maintenant. Le cadeau de la vie est le présent (oui, il y a un jeu de mot). Cueille la fleur du temps présent : « carpe diem ».

Lucien voit dans l'étoile un symbole d'un référant. Or il ne peut pas en être ainsi vu ce qui est dit plus haut.

L'étoile de Compostelle (compost stella, le pentagramme symbole de la quinte essence) est le symbole de l'éveil.

C'est, après la mort de l'Ego, le jaillissement de la fontaine de jouvence (regardez la coquille) qui remplit l'arbre sec.

C'est avoir reçu, car il ne sert à rien de le chercher, le donum Dei. C'est avoir vu la Shakti danser sur Shiva. C'est avoir vu (comme Peter/Pierre Pan/Nature) notre bonne marraine la fée qui mène le monde à la baguette ou, d'un point de vue plus chrétien, c'est d'avoir vu la Vierge Marie. Bref, c'est être un illuminé, un béat.

L'élaboration de la pierre n'est que travail de bonne femme et jeu d'enfant. ^^

Je tiens à dire que contrairement à une idée reçue, l'éveil ne permet d'échapper aux cycles de réincarnation dans la tradition hindouiste que si l'on meurt dans cet état.

Un éveil momentané est donc beaucoup plus fréquent qu'on ne le croit.

Enfin, que faire pour mener sa barque ? Lâcher le gouvernail et se laisser porter par le Styx en profitant du voyage.

Comment faire pour être utile ? Rien car tout est tel qui doit être !!! L’Enfer est pavé de bonnes intentions.

Bref, pour moi la Voie se résume en un seul mot :

ACCEPTE .

Je me rend compte que cela ne peut pas être l'enseignement de la FM qui se sent obligé de tendre vers un monde meilleur en sculptant ses membres.

Mais ce n'est pas moi qui prétend être le gardien de la Tradition...

Je voulais poster un lien qui pointe vers le sermon des pauvres de maitre Eckhart, comme je n'ai pas le droit (??!!!) je poste tout le texte comme un bourrin. Smile

Beati pauperes spiritu quia ipsorum est regnum coelorum (Mt. 5:3)

Par la bouche de la sagesse, la félicité énonça: «Heureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux leur appartient.» Les anges, les saints, tout ce qui ne naquit jamais doit être silence quand parle l'éternelle sagesse du Père car toute la sagesse des anges et de toutes les créatures n'est que pur néant devant l'insondable sagesse de Dieu.

Cette sagesse a dit: «Heureux sont les pauvres.»

Or il y a deux genres de pauvreté. La pauvreté extérieure, bonne et très louable lorsque l'homme la vit volontairement par amour pour notre Seigneur Jésus-Christ, comme lui-même l'a assumée sur terre. Mais selon la parole de notre Seigneur, il est une autre pauvreté, une pauvreté intérieure; puisqu'il dit: «Heureux sont les pauvres en esprit.»

Soyez, je vous prie, de tels pauvres afin de comprendre ce discours car, je vous le dis au nom de la vérité éternelle, si vous ne devenez pas semblables à cette vérité, vous ne pourrez pas me comprendre. D'aucuns m'ont interrogé sur la vraie pauvreté et sur ce qu'il faut entendre par un homme pauvre. Je vais maintenant leur répondre.

L'évêque Albert dit: «Est un homme pauvre celui qui ne peut se contenter de toutes les choses que Dieu a jamais créées», et cela est bien dit. Mais nous allons encore plus loin et situons la pauvreté à un niveau bien plus élevé. Est un homme pauvre celui qui ne veut rien, ne sait rien et ne possède rien. Je vais vous parler de ces trois points et vous prie, par amour de Dieu, d'essayer de comprendre cette vérité, si cela vous est possible. Mais si vous ne la comprenez pas, n'en soyez pas troublés car je parlerai d'un aspect de la vérité que très peu de gens, même profonds, sont en mesure de comprendre.

Nous dirons d'abord qu'un homme pauvre est celui qui ne veut rien. Bien des gens ne comprennent pas véritablement ce sens. Ce sont ceux qui s'adonnent à des pénitences et à des pratiques extérieures, performances qu'ils tiennent néanmoins pour considérables, alors qu'ils ne font que s'autoglorifier. Que Dieu en ait pitié de si peu connaître la vérité divine! Ils sont tenus pour saints, d'après leurs apparences extérieures, mais au dedans ce sont des ânes qui ne saisissent pas le véritable sens de la divine vérité. Ces gens disent bien que pauvre est celui qui ne veut rien, mais selon l'interprétation qu'ils donnent à ces mots, l'homme devrait vivre en s'efforçant de ne plus avoir de volonté propre et tendre à accomplir la volonté de Dieu. Ce sont là des gens bien intentionnés et nous sommes prêts à les louer. Dieu, dans sa miséricorde, leur accordera sans doute le royaume des cieux, mais, je dis moi, par la vérité divine, que ces gens ne sont pas, même de loin, de vrais pauvres. Ils passent pour éminents aux yeux de ceux qui ne connaissent rien de mieux, cependant ce sont des ânes qui n'entendent rien de la vérité divine. Leurs bonnes intentions leur vaudront sans doute le royaume des cieux, mais de cette pauvreté dont nous voulons maintenant parler, ils ne connaissent rien.

Si on me demandait ce qu'il faut entendre par un homme pauvre qui ne veut rien, je répondrais: aussi longtemps qu'un homme veut encore quelque chose, même si cela est d'accomplir la volonté toute chère de Dieu, il ne possède pas la pauvreté dont nous voulons parler.

Cet homme a encore une volonté: accomplir celle de Dieu, ce qui n'est pas la vraie pauvreté. En effet, la véritable pauvreté est libre de toute volonté personnelle et pour la vivre, l'homme doit se saisir tel qu'il était lorsqu'il n'était pas. Je vous le dis, par l'éternelle vérité: aussi longtemps que vous avez encore la soif d'accomplir la volonté de Dieu, et le désir de l'éternité de Dieu, vous n'êtes pas véritablement pauvre, car seul est véritablement pauvre celui qui ne veut rien et ne désire rien.

Quand j'étais dans ma propre cause, je n'avais pas de Dieu et j'étais cause de moi-même, alors je ne voulais rien, je ne désirais rien car j'étais un être libre et me connaissais moi-même selon la vérité dont je jouissais. Là, je me voulais moi-même et ne voulais rien d'autre, car ce que je voulais je l'étais, et ce que j'étais je le voulais. J'étais libre de Dieu et de toute chose. Mais lorsque par ma libre volonté j'assumais ma nature créée, alors Dieu est apparu, car avant que ne fussent les créatures, Dieu n'était pas Dieu, il était ce qu'il était. Mais lorsque furent les créatures, Dieu n'a plus été Dieu en lui-même, mais Dieu dans les créatures. Or nous disons que Dieu, en tant que ce Dieu-là, n'est pas l'accomplissement suprême de la créature car pour autant qu'elle est en Dieu, la moindre créature a la même richesse que lui. S'il se trouvait qu'une mouche ait l'intelligence et pouvait appréhender l'éternel d'où elle émane, nous dirions que Dieu, avec tout ce qu'il est, en tant que Dieu, ne pourrait satisfaire cette mouche. C'est pourquoi nous prions d'être libres de Dieu et d'être saisi de cette vérité et d'en jouir éternellement là où les anges les plus élevés, la mouche et l'âme sont un; là où je me tenais, où je voulais ce que j'étais, et étais ce que je voulais.

Nous disons donc que l'homme doit être aussi pauvre en volonté que lorsqu'il n'était pas. C'est ainsi qu'étant libre de tout vouloir, cet homme est vraiment pauvre. Pauvre en second lieu est celui qui ne sait rien. Nous avons souvent dit que l'homme devrait vivre comme s'il ne vivait ni pour lui-même, ni pour la vérité, ni pour Dieu. Nous allons maintenant encore plus loin en disant que l'homme doit vivre de telle façon qu'il ne sache d'aucune manière qu'il ne vit ni pour lui-même, ni pour la vérité, ni pour Dieu. Bien plus, il doit être à tel point libre de tout savoir qu'il ne sache ni ne ressente que Dieu vit en lui. Mieux encore, il doit être totalement dégagé de toute connaissance qui pourrait encore surgir en lui. Lorsque l'homme se tenait encore dans l'être éternel de Dieu, rien d'autre ne vivait en lui que lui-même.

Nous disons donc que l'homme doit être aussi libre de tout son propre savoir, qu'il l'était lorsqu'il n'était pas et qu'il laisse Dieu opérer selon son vouloir en en demeurant libre. Tout ce qui découle de Dieu a pour fin une pure activité. Mais l'activité propre à l'homme est d'aimer et de connaître. Or la question se pose de savoir en quoi consiste essentiellement la béatitude.

Certains maîtres disent qu'elle réside dans la connaissance, d'autres dans l'amour. D'autres encore qu'elle réside dans la connaissance et l'amour. Ces derniers parlent déjà mieux. Quant à nous, nous disons qu'elle ne réside ni dans la connaissance ni dans l'amour. Il y a dans l'âme quelque chose d'où découlent la connaissance et l'amour. Ce tréfonds ne connaît ni n'aime comme les autres puissances de l'âme. Celui qui connaît cela connaît la béatitude. Cela n'a ni avant ni après, sans attente, et est inaccessible au gain comme à la perte. Cette essence est libre de tout savoir que Dieu agit en elle, mais se jouit elle-même par elle-même comme le fait Dieu.

Nous disons donc que l'homme doit se tenir quitte et libre de Dieu, sans aucune connaissance, ni expérience que Dieu agit en lui et c'est ainsi seulement que la véritable pauvreté peut éclore en l'homme.

Certains maîtres disent: Dieu est un être, être raisonnable qui connaît toute chose. Or nous disons: Dieu n'est ni être ni être raisonnable, et il ne connaît ni ceci, ni cela. Dieu est libre de toute chose et c'est pourquoi il est l'essence de toute chose. Le véritable pauvre en esprit doit être pauvre de tout son propre savoir, de sorte qu'il ne sache absolument rien d'aucune chose, ni de Dieu ni de la créature, ni de lui-même. Libre de tout désir de connaître les œuvres de Dieu; de cette façon seulement, l'homme peut être pauvre de son propre savoir.

En troisième lieu, est pauvre l'homme qui ne possède rien. Nombreux sont ceux qui ont dit que la perfection résidait dans le fait de ne rien posséder de matériel, et cela est vrai en un sens, mais je l'entends tout autrement.

Nous avons dit précédemment qu'un homme pauvre ne cherche même pas à accomplir la volonté de Dieu, mais qu'il vit libre de sa propre volonté et de celle de Dieu, tel qu'il était lorsqu'il n'était pas. De cette pauvreté nous déclarons qu'elle est la plus haute.

Nous avons dit en second lieu que l'homme pauvre ne sait rien de l'activité de Dieu en lui. Libre du savoir et de la connaissance, autant que Dieu est libre de toute chose, telle est la pauvreté la plus pure. Mais la troisième pauvreté dont nous voulons parler maintenant est la plus intime et la plus profonde: celle de l'homme qui n'a rien. Soyez toute écoute! Nous avons dit souvent, et de grands maîtres l'ont dit aussi, que l'homme doit être dégagé de toute chose, de toute œuvre, tant extérieure qu'intérieure, de telle sorte qu'il soit le lieu même où Dieu se trouve et puisse opérer. Mais à présent, nous allons au-delà. Si l'homme est libre de toute chose, de lui-même, et même de Dieu, mais qu'il lui reste encore un lieu où Dieu puisse agir, aussi longtemps qu'il en est ainsi, l'homme n'est pas encore pauvre de la pauvreté la plus essentielle. Dieu ne tend pas vers un lieu en l'homme où il puisse opérer.

La véritable pauvreté en esprit c'est que l'homme doit être tellement libéré de Dieu et de toutes ses œuvres que, Dieu voulant agir en l'âme, devrait être lui-même le lieu de son opération. Et cela il le fait volontiers car, lorsque Dieu trouve un homme aussi pauvre, Dieu accomplit sa propre œuvre et l'homme vit ainsi Dieu en lui, Dieu étant le lieu propre de ses opérations. Dans cette pauvreté, l'homme retrouve l'être éternel qu'il a été, qu'il est maintenant et qu'il sera de toute éternité.

Saint Paul dit: «Tout ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu.» Or, notre discours semble transcender la grâce, l'être, la connaissance, la volonté, et tout désir. Comment donc comprendre la parole de saint Paul? On répondra que la parole de saint Paul est vraie. Il fallait qu'il soit habité par la grâce; c'est elle qui opéra pour que ce qui était potentiel devint actuel. Lorsque la grâce prit fin, Paul demeura ce qu'il était.

Nous disons donc que l'homme doit être si pauvre qu'il ne soit, ni ne possède en lui aucun lieu où Dieu puisse opérer. Tant qu'il conserve une localisation quelle qu'elle soit, il garde une distinction. C'est pourquoi je prie Dieu d'être libre de dieu car mon être essentiel est au-delà de Dieu en tant que Dieu des créatures.

Dans cette divinité où l'Être est au-delà de Dieu, et au-delà de la différenciation, là, j'étais moi-même, je me voulais moi-même, je me connaissais moi-même, pour créer l'homme que je suis. Ainsi je suis cause de moi-même selon mon essence, qui est éternelle, et non selon mon devenir qui est temporel. C'est pourquoi je suis non-né et par là je suis au-delà de la mort. Selon mon être non-né, j'ai été éternellement, je suis maintenant et demeurerai éternellement. Ce que je suis selon ma naissance mourra et s'anéantira de par son aspect temporel. Mais dans ma naissance éternelle, toutes les choses naissent et je suis cause de moi-même et de toutes choses. Si je l'avais voulu, ni moi-même ni aucune chose ne serait, et si je n'étais pas, Dieu ne serait pas non plus. Que Dieu soit Dieu, je suis la cause; si je n'étais pas, Dieu ne serait pas. Mais il n'est pas nécessaire de comprendre cela.

Un grand maître a dit que sa percée est plus noble que son émanation, et cela est vrai. Lorsque j'émanais de Dieu, toutes les choses dirent: Dieu est. Mais cela ne peut me combler car par là je me reconnaîtrais créature. Au contraire, dans la percée, je suis libéré de ma volonté propre, de celle de Dieu, et de toutes ses expressions, de Dieu même. Je suis au-delà de toutes les créatures et ne suis ni créature, ni Dieu. Je suis bien plus. Je suis ce que j'étais, ce que je demeurerai maintenant et à jamais. Là je suis pris d'une envolée qui me porte au-delà de tous les anges. Dans cette envolée, je reçois une telle richesse que Dieu ne peut me suffire selon tout ce qu'il est en tant que Dieu et avec toutes ses œuvres divines. En effet, l'évidence que je reçois dans cette percée, c'est que Dieu et moi sommes un. Là je suis ce que j'étais. Je ne crois ni ne décrois, étant la cause immuable qui fait se mouvoir toute chose. Alors Dieu ne trouve plus de place en l'homme. L'homme dans cette pauvreté retrouve ce qu'il a été éternellement et ce qu'il demeurera à jamais.

Ici Dieu et l'esprit sont un et c'est là la pauvreté la plus essentielle que l'on puisse contempler. Que celui qui ne comprend pas ce discours reste libre en son cœur, car aussi longtemps que l'homme n'est pas semblable à cette vérité, il ne peut pas la comprendre, car c'est une vérité immédiate et sans voile, jaillie directement du cœur de Dieu. Que Dieu nous vienne en aide pour la vivre éternellement. Amen.

(Sermon 52, selon la numérotation de Josef Quint dans Die deutschen Werke)
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lucien



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Lun 9 Jan - 12:08

"Tout d'abord, je tiens à dire en guise de présentation que je ne suis pas maçon mais féru d'Alchimie." Nous avons ainsi un point de vue spécial, intéressant, apporté par quelqu’un de « féru » d’Alchimie (féru, au sens de « passionné » ; ou employé au sens populaire de « spécialiste » ?) et, il faut remarquer que la « Pierre », y compris « philosophale » est bien l’objet de la F :. M :. comme de l’Alchimie.

« Lucien dit le contraire de la Tradition. » Comme quoi, il est bon de préciser son point de vue d’une part, de considérer le point de vue de l’autre d’autre part, … mais vous avez le droit à l’opinion et à vous exprimez, et qui sait, peut-être avez-vous raison en tout ou en partie !

« Tout d'abord, il prétend que l'on peut distinguer l'individualité et la personnalité lorsqu'il cherche à préciser la définition de certains mots (sic). »
Lucien affirme avec d’autre d’ailleurs, car Lucien ne prétend pas apporter des idées nouvelles, que l’on peut distinguer l’individualité de la personnalité, celle-ci étant principielle par rapport à l’individualité. Mais « distinguer » ne veut pas dire « séparer ». Quant aux « masques » ils symbolisaient des « persona » qui cachait l’individu comme tel en exprimant le principe auquel l’on voulait se référer (nous sommes là au-delà de la simple étymologie et de l’interprétation à la Jung). Et Lucien ne dit pas autre chose que l’unité fondamentale des deux aspects que sont l’individualité et la personnalité. La différence est que l’individualité est plutôt de l’ordre du paraître et la personnalité, de l’ordre de l’être. (le tout est de savoir préciser son point de vue – pour plus de précision voir Guénon qui précise bien ces différentes notions - votre point de vue semble se référer à celui de Jung).

« Cette « erreur » lui permet de nier la Voie en disant qu'il ne faut pas dissoudre l'Ego. » Jamais, je n’ai dit qu’il ne fallait pas dissoudre l’ego mais à me relire, l’ego n’est qu’une construction mentale tel que je le définis, de laquelle il faut se libérer (ce qu’affirment toutes les formes traditionnelles y compris l’alchimie, chacune avec son vocabulaire, d’où la difficulté de passer d’une forme à une autre et le danger de confusion entre les notions et les points de vue - ce qui entraîne des discussions inutiles) ; de même, la métaphysique affirme bien que toute l’existence est illusoire et n’a pas de réalité propre (cf. Gaudapada, Shankara, .... et bien sûr Guénon).

« Lucien dit l'individualité « c'est le je suis, j'existe, sans plus » : je maintiens (encore faudrait-il préciser ce que vous entendez par « je »).
« Or, si le « je » ne se compare pas, il se dissout dans l'Absolu, dans l'indifférencié. » De mon point de vue, si le « je » "se compare", c’est qu’il se complaît dans la dualité, et de là, il peut se dissoudre dans la multiplicité d’en bas et non pas dans l’Absolu (car comment quelque chose pourrait se dissoudre dans l’Absolu en dehors duquel, il n’y a rien).

« Il n'est plus une personne mais le Tout . C'est le principe de la vacuité bouddhiste ». Il est l'Unique. » Selon la tradition, la Personne ou SOI est identique au Tout dont jamais il n’a été séparé en fait, c’est aussi l’Atman qui s’identifie au Nirguna Brahman.

« Cette « erreur » permet à Lucien de se complaire dans l'idée d'un chemin à parcourir » : je pense que vous ne m’avez pas lu attentivement, mais alors pas du tout, enfin … et je me demande si vous êtes « féru » d’alchimie quand on sait les phases à réaliser ?

« D'abord parce que la représentation d'un moi « amélioré » n'est qu'une projection intellectuelle, donc une illusion qui est de plus égocentrique. » OK OK

« Ensuite parce que la Tradition, occidentale au moins, récuse l'idée d'individu maître de son destin » absolument faux ! par exemple, le judaïsme affirme la responsabilité entière de l’homme pour sa délivrance. Vous devriez mieux vous informer.

« pour la Tradition, seul l'Unique est vérité, les individus ne sont qu'illusions. Comment des illusions pourraient-elles « être » maître de quoi que ce soit ? » OK OK mais vous qui faites référence au bouddhisme, comment comprenez-vous : « la forme est le vide ; et le vide est la forme ».

« Enfin parce que la Tradition enseigne que l'éveil est ici et maintenant. » Tout à fait correct, c’est surtout là un acquis provenant du Tao et du Zen. Et le « Présent » de l’ici et maintenant ne se réduit pas au présent temporel mais aurait plutôt à faire avec la « Présence », divine bien entendu.

« Je me rend compte que cela ne peut pas être l'enseignement de la FM qui se sent obligé de tendre vers un monde meilleur en sculptant ses membres. » Se dire non-maçon et prétendre savoir ce qu’est la F :. M :., voilà qui est interpellant ! par ailleurs, l’Alchimie n’a-t-elle pas pour but de transforme le plomb en or ?

« Je voulais poster un lien qui pointe vers le sermon des pauvres de maitre Eckhart, comme je n'ai pas le droit (??!!!) je poste tout le texte comme un bourrin. » : voilà qui est clair, ... en tout cas très joli texte, plein de Beauté spirituelle, une des valeurs de la F :. M :. et de l’alchimie ; Maître Eckhart est un de mes « maîtres » préférés.

Merci à lemat pour cet échange
Amitiés à tous
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LeMat



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Lun 9 Jan - 17:23

Bonjour à tous,

J'entends par « féru » être passionné, loin de moi l'idée de prétendre être un spécialiste dans l'Art suprême.

Sur le terme « personne », je suis navré mais il ne peut pas être synonyme du Tout. Le masque est la forme non le fond.
Le terme « personne » se met au pluriel, pas le Tout.
Le bien personnel ne s'oppose-t-il pas au bien « comme un » ?

vous dites : « Tout d’abord, il n’est jamais question de dissoudre l’ego mais de se détacher de l’ego».
Pour ensuite dire : « Jamais, je n’ai dit qu’il ne fallait pas dissoudre l’ego mais à me relire [...] »

Bon et bien je vous suggère de mieux vous relire... Smile

« Je » est le mot qui représente notre individualité. Étant une représentation, il est une illusion et comme toutes illusions il se « dissout » lorsque l'on atteint le Tout.
De plus, le « je » se définit en opposition à autrui. Il est intéressant de remarquer que par ce mot on s’approprie le J divin. Blasphème ???
Enfin le « je » se conforte dans la comparaison, l'illusion prend alors plus de force dans le JEu des « je » qui entrent en compétition.

Vous dites : «Le chemin spirituel est un chemin vers la profondeur »
ou bien :
«  on part d’où l’on est, avec ce que l'on est et l’on progresse lentement mais sûrement (il faut aussi accepter ses manques, ses limitations actuelles, … son naturel) vers un équilibre, une harmonie rayonnante de plus en plus forte … mais il faut aussi pratiquer, pratiquer et encore pratiquer. »
ou encore
« que faire pour être utile ? A quoi ça sert de prétendre vouloir améliorer la société ou même soi-même ? »
c'est cette idée de progression, de chemin, d'actions que je critique.

En Alchimie, l’œuvre au noir est la découverte et la destruction de l'Ego, donc de la volonté propre. Il se dé-fait par la « pratique » du non-agir. C'est « apprendre » à ne rien faire.
L’œuvre au blanc est le stade où l'Ego est mort. L'argent des philosophes est un mé(n)tal qui réfléchit la réalité sans la déformer. C'est la Panacée (jeunesse éternelle) car l'Ego est définitivement détruit laissant place pour l'éternité un regard juvénile. C'est avoir appris à ne rien faire.
L'Oeuvre au rouge est la teinture de l'argent par la lumière divine. Mais là encore, cette phase ne nécessite aucun « travail » personnel puisque c'est se laisser envahir, teinter par la Volonté divine..

Enfin, tous les grands alchimistes s'accordent pour dire que l 'Oeuvre ne peut être commencé sans être touché par la grâce de Dieu, il faut avoir reçu le Donum Dei et non le prendre. Il n'appartient à personne de devenir un élu de Dieu.

Sur le judaïsme, cette religion n'a jamais été occidentale mais moyen-orientale. Et qu'on ne vienne pas me rétorquer que la chrétienté tire ses origines du judaïsme car sinon on peut tout aussi bien dire que la religion mésopotamienne était occidentale, au prétexte que le judaïsme s'en est inspiré.
Ensuite, le judaïsme est une religion et pas la Tradition puisque son but est de contrôler la population, non de la libérer. Désolé, c'est mon côté anar qui parle.
Par Tradition occidentale, j'entends la Tradition hellène puis chrétienne. Je pense notamment aux tisseuses mais dans une vision plus chrétienne, comment comprendre cette phrase :
« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serais guéri ».
Ici, c'est bien Dieu qui guéri et non l'homme qui se guéri lui-même.

Voici quelques citations sur le bonheur trouvé sur la page wiki du bonheur :

« Le bonheur est un papillon qui, poursuivi, ne se laisse jamais attraper, mais qui, si vous savez vous asseoir sans bouger, sur votre épaule viendra PEUT-ÊTRE (si Dieu le veut) un jour se poser. » Nathaniel Hawthorne

« Il n'y a point de chemin vers le bonheur : le bonheur c'est le chemin. » Lao Tseu

« Le bonheur est une récompense qui vient à ceux qui ne l'ont pas cherché. » Alain

comment entends-je la pĥrase : «  la forme est le vide ; et le vide est la forme » ? Question difficile !!!

On peut entendre dans « le vide » l'illusion, mais pourquoi ne pas le nommer illusion ?

Ce n'est pas une réponse mais cette phrase me rappelle cette enseignement de Lao Tseu :
«  Trente rais sont unis dans une roue. Mais lʹutilisation de la roue dépend également de lʹespace entre les rais.
Des récipients sont faits dʹargile. Pourtant, leur utilité dépend de lʹespace vide à lʹintérieur dʹeux.
Les bâtiments se composent de murs, portes et fenêtres. Pourtant, lʹutilité du bâtiment dépend également de lʹespace en lui.
Cʹest la relation entre lʹutilité des objets et le vide ».

En recherchant la citation ci-dessus, je suis retombé sur celle-ci :
« Tao ressemble au vide. Cependant, Il est Omnipotent!
Il est dans la Profondeur.
Il est lʹOrigine de tout.
Il contrôle tout.
Il remplit tout.
Il est la Lumière Brillante.
Il est le plus subtil!
Il est lʹEssence Principale de tout! »

Mais pour tenter de répondre, la forme est le monde intelligible alors que le vide est la réalité ou monde sensible. Nul forme existe dans la réalité puisque la réalité est Vide... ça vaut ce que ça vaut.

« Se dire non-maçon et prétendre savoir ce qu’est la F :. M :., voilà qui est interpellant ! »
De la même manière, je sais ce qu'est un chat sans en être un bien que, je vous l'accorde, personne ne peut juger quelqu'un sans avoir marché dans ses chaussures.
Mais au-delà des phrases toutes faites, la FM n'a-t-elle pas des grades qu'il faut passer, donc un chemin à parcourir ? Erreur..
Les maçons ne se sentent-ils pas obligé de maçonner ses membres et la société ? La FM tombe dans le même travers que les religions, modeler le monde pour qu'il soit tel qu'il se le représente alors que la Voie est d'accepter le monde tel qu'il est.

« l’Alchimie n’a-t-elle pas pour but de transforme le plomb en or ? »
Oui mais encore une fois, cela ne peut se faire que SI DIEU LE VEUT.

Cordialement.
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lucien



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Lun 9 Jan - 18:33

Je ne peux que constater que nous n'avons pas les mêmes référents, et donc nous n'accordons pas le même sens à certains mots du moins, et ce même en ce qui concerne l'alchimie.

Je vous laisse aux bons soins de la volonté divine.

Amicalement
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LeMat



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Lun 9 Jan - 19:16

Bah oui, je ne lis pas que Guénon Twisted Evil

Désolé, elle était facile...

Bonne journée.
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LeMat



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Lun 9 Jan - 19:27

Je vous laisse aux bons soins de la volonté divine.

...Et avec votre esprit...

ainsi soit il si Dieu le veut.
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Lun 16 Jan - 0:27

Si je puis me permettre d'intervenir, on peut très bien lire Guénon sans être maçon et le lire sans préjugés réserve de merveilleuses surprises. Je conseille généralement de commencer par "Aperçus sur l'initiation".

Sur ce que dit Le Mat sur les rapports entre le christianisme et le judaïsme, il peut quand même être utile de rappeler que Jésus était juif et qu'il a toujours affirmé être venu non pour abolir la Loi mais pour l'accomplir. Difficile alors de nier la notion de filiation entre les deux traditions.

Par ailleurs, il convient de relire, dans la Genèse, le passage où Abraham donne la dîme de tout ce qu'il a gagné à Melkitsedeq, ce qui est généralement intréprété comme le cautionnement de la tradition abrahamique par la Tradition primordiale dont Melkitsedeq est le représentant. Là encore, lire Guénon et Tourniac.
Et puis il y a aussi l'épisode des trois voyageurs au chêne de Mambré ...

D'autres choses pourraient encore être dites mais je m'en tiendrai là pour l'instant.

Amitiés fraternelles pour tous les êtres vivant dans l'état individuel humain qui fréquentent ce forum, qu'ils soient maçons ou non.

Jean Serlun
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LeMat



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Lun 16 Jan - 22:16

Bonjour,

Je n'ai jamais nié la filiation de ces deux religions, j'ai juste contesté le caractère occidental du judaïsme. Bien entendu, le judaïsme a joué un rôle prépondérant dans les religions du bassin méditerranéen. La nuance géographique occidentale/orientale n'a pas vraiment de sens dans l'histoire religieuse qui n'est qu'une suite de schismes et de syncrétismes.

Ensuite pour revenir sur le fond, le judaïsme demande aussi l'abandon à Dieu. Dans l'Exode, la protection divine lors de la traversée du désert n'est soumise qu'à une condition, l'abandon ou dit autrement, en échange d'une confiance aveugle.

C'est d'ailleurs parce que Moïse exigea de l'eau en tapant frénétiquement trois fois sur une pierre que Dieu le fit mourir avant l'arrivée en terre sainte.

Le symbolisme est d'ailleurs très proche de la symbolique hermétique.

Ce n'est pas par notre propre volonté que l'on peut faire jaillir la Fontaine (de jouvence) de la pierre. Fontaine qui contient en elle un Feu secret capable de transmuter la pierre en terre sainte.

C'est beau. Voici maintenant quelques citations issues de la tradition hébraïque.

"La pierre rejetée par ceux qui bâtissaient est devenue la pierre angulaire du faîte. C'est l'ouvrage du Seigneur et c'est une merveille devant nos yeux."
DAVID.

"C'est Dieu qui révèle les choses profondes et cachées, qui sait ce qui est dans les ténèbres, et la lumière demeure avec lui."
DANIEL.

"C'est la bénédiction de Dieu qui procure la richesse, et toute la peine qu'on prend n'y rajoute rien."
SALOMON.

"Ta parole, Seigneur, est une rosée de lumière." (dit autrement, une eau celeste de feu)
ISAÏE.

"Toute notre œuvre, c'est vous, Seigneur, qui l'avez faite pour nous."
ISAÏE

"Il élèvera la pierre du sommet au milieu des acclamations."
ZACHARIE

"Lève-toi mon amie, ma belle, et viens, ma colombe qui te tiens dans la fente du rocher."
SALOMON

"Tu es une terre qui n'a pas été purifiée, qui n'a pas été lavée par la pluie."
ÉZÉCHIEL

"C'est une source fermée, une fontaine scellé."
SALOMON

"Confie-toi de tout ton cœur en Dieu et ne t'appuie pas sur ta propre intelligence."
SALOMON

"Maudit soit l'homme qui se confie en l'homme ! Béni soit l'homme qui se confie en Dieu !"
JÉRÉMIE

"Les verrous de la terre étaient tirés sur moi pour toujours, et vous avez fait remonter ma vie de la fosse, IEVE mon Dieu."
JONAS

"Et l'eau leur fut donnée d'un rocher et d'une pierre, l'apaisement de leur soif."
SALOMON

"A lui le précieux don du ciel, la rosée."
MOISE.

"Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle s'effondrera d'elle-même; mais si elle vient de Dieu, vous ne sauriez l'abattre. Ne courez pas le risque de lutter contre Dieu même."
GAMALIEL

"Et ils frappèrent d'aveuglement les gens qui étaient à l'entrée de la maison, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, et ceux-ci se fatiguèrent inutilement à chercher la porte."
GENÈSE

"Les paroles des sages sont comme des aiguillons, et leurs recueils comme des clous plantés. Elles sont données par un seul pasteur."
ECCLÉSIASTE

Toutes ces citations font parties de celles qui ouvrent et ferment les livres du manuscrit que je lis en ce moment. Ce recueil est Le message retrouvé de Louis Cattiaux (disponible gratuitement sur la toile).
Je recommande ce livre qui est vraiment magnifique.
Pour la petite histoire, Cattiaux contemporain de Guénon lui a demandé de préfacé son livre. Cela ne s'est pas fait mais de cette demande est née une correspondance disponible à l'achat. Voici le résumé qu'en fait l'éditeur (le miroir d'Isis):

"René Guénon (1886-1951) et Louis Cattiaux (1904-1953) eurent une correspondance régulière du 17 novembre 1947 au 10 octobre 1950. La publication heureuse de ces lettres éclaire significativement les personnalités de ces deux figures du XXème siècle et la période difficile de l’immédiat après-guerre.

Louis Cattiaux espère une introduction à une future édition du Message Retrouvé, son œuvre magistrale, inspirée, révélée dit-il, qui connaîtra un destin peu ordinaire. C’est d’ailleurs par la médiation du compte-rendu que fera René Guénon d’une première édition du livre dans la revue Etudes Traditionnelles, qu’Emmanuel d’Hooghvorst se rapprochera de Louis Cattiaux et assurera au Message Retrouvé le rayonnement qu’il mérite.

La lecture de la correspondance montre que si René Guénon s’intéresse au texte et qu’il en fait une aimable présentation alors qu’il est habituellement très sévère avec les lectures qu’on lui propose, il ne semble jamais vraiment en saisir l’importance, en percer le mystère opératif. Il est certes intrigué, il interroge, suggère, compare, mais reste un penseur brillant et érudit face à un hermétisme qui lui est finalement étranger comme le montrent ces diverses incursions dans le domaine au fil des lettres.

Les échanges sont toutefois riches quand l’un et l’autre se laissent aller à la profondeur. Mais René Guénon ne se départira jamais d’une distance, d’une posture intellectuelle. A l’intuition et la poésie créatrices de Louis Cattiaux, sans lesquelles, rappelons-le, l’hermétisme, fusse-t-il juste techniquement, est vain, il oppose sa rigueur intellectuelle, ses certitudes brillantes.

Plus encore, il reste une personne là où il n’y a plus personne. On sent que Louis Cattiaux, qui se présente en position d’apprenti face au maître reconnu, s’est déjà grandement débarrassé ses crispations de la personne. Il en maintient finalement l’ombre par politesse mais demeure « à plus haut sens ».

Cette relation ne pouvait que finir par une rupture, rupture qui se concrétise sans violence dans les dernières lettres, mais où l’incompréhension grandit autour de cette introduction impossible au Message Retrouvé.

Un autre intérêt de cette correspondance tourne autour de leurs difficultés respectives face à leur environnement, culturel et intellectuel, politique et économique également, dont ils cherchent, en leur style respectif, à se protéger. Les deux hommes se sentent incompris dans ce monde, ce qui est le lot de tous les questeurs, cela les rapproche. Ils se retrouvent également dans une même condamnation de la modernité telle qu’elle se manifeste dans l’art. Nous sommes en présence parfois de deux souffrances qui se renversent dans une intellectualité supérieure pour René Guénon, dans la réalisation opérative pour Louis Cattiaux.

Pour nous lecteurs, il y a beaucoup à apprendre car les difficultés qui sont les leurs sont les nôtres. Il y a quelque chose d’un rapport permanent entre la lumière et l’opacité qui ne peut que s’inscrire dans la situation, quelle que soit l’époque.

A découvrir. "

Cordialement
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lucien



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Mer 18 Jan - 11:54

Tout d’abord un bonjour fraternel à toutes et tous.

Je ne sais pas si je fais bien, et même j'en doute, mais j’ai décidé de faire quelques commentaires au départ des propos de Lemat (que je remercie pour m’en donner l’occasion), que j’adresse à tous ceux et celles qui liront ceci, en espérant recevoir leurs commentaires dans un souci constructif (telle est mon intention) :

« Sur le terme « personne », je suis navré mais il ne peut pas être synonyme du Tout. » : trois Personnes en Une ; la Personne divine.

« Le masque est la forme non le fond. » c'est votre point de vue qui est celui introduit par Jung, et il est vrai que l’on parle beaucoup de « personnalité » dans le monde moderne pour désigner l’apparence (ne dit-on pas "avoir de la personnalité" ?)

« vous dites : « Tout d’abord, il n’est jamais question de dissoudre l’ego mais de se détacher de l’ego». Pour ensuite dire : « Jamais, je n’ai dit qu’il ne fallait pas dissoudre l’ego mais à me relire [...] » » à relire très attentivement, il n’y a là aucune contradiction si ce n’est celle que vous me prêtez à moins que vous, vous ne vous contredisiez (ce qui est assez fréquent, mais je n’aime pas du tout la polémique toujours inutile et enfantine du « qui a raison ») : l’ego étant une construction mentale, et une illusion du point de vue métaphysique, dès que l’on s’en détache, il se dissout, il disparaît ; mais, alors que vous refusez l’idée de suivre un chemin (ce qui est votre droit, mais qui est contradictoire et équivoque : « Je suis le Chemin » (suis= être ou du verbe « suivre ») et « Suis-moi » du même personnage et d’autres (à moins de nier en bloc toute les écritures sacrées et les pratiques qui en découlent), vous acceptez l’idée des phases de l’Alchimie (n’est-ce pas suivre un chemin ?)

Mais, il est vrai (et je ne dis rien d’autre sauf si « on prétend me le faire dire ») que c’est par le Non-agir qu’on se libère, c’est par la grâce de Dieu que l’on connaît la Lumière et que en aucun cas, l’ego ne peut se libérer de lui-même, ni aucun élément existant d’ailleurs (mais le Non-agir bien compris n’implique pas la destruction si ce n’est en mode symbolique). Et cela est évident puisque l’Infini, l’Eternel ne peut se détruire lui-même puisqu’il n’y a rien en dehors de lui.

L’erreur fondamentale est de croire que l’on est quelqu’un « en face » du Tao, en « Dieu » (ou tout autre formule) car c’est faire de la dualité la vérité, c’est vouloir limité l’Illimité… Pour rester dans le domaine du Grand Œuvre, « personne n’est jamais né, personne ne meurt » (ce à quoi se réfère, entre autre, « quel visage aviez-vous avant de naître ? ») - et le mot "personne" peut-être compris dans deux sens apparemment opposés bien que complémentaires, pour signifier, au fond, la même chose ...

« Les maçons ne se sentent-ils pas obligé de maçonner ses membres et la société ? La FM tombe dans le même travers que les religions, modeler le monde pour qu'il soit tel qu'il se le représente alors que la Voie est d'accepter le monde tel qu'il est. » Désolé, mais j’ai bien ris en lisant ce passage ! en même temps que j’ai été très peiné de retrouver les sources les plus fréquentes d’oppositions produites par l’attachement à l’ego, par l’ego lui-même :

  • a) la généralisation : « les maçons », si encore vous aviez dit certains maçons…
    b) attribuer des intentions : « se sentent obligé » je crois que pour savoir autrement que superficiellement ce qu’est un chat, il faut être un chat ! et ne dit-on pas qu’il n’y a pas plus indépendant qu’un chat, contrairement au chien ?
    c) donner des sens particuliers à certains mots pour engendrer volontairement ou non de la confusion : « maçonner » au sens, semble-t-il, d’uniformiser, de plier à un point de vue ; or, pour les maçons, « maçonner » implique une (ré)union toute fraternelle ; il est vrai que les « maçons maçonnent » c’est-à-dire qu’ils essayent, avec plus ou moins de bonheur, d’établir des liens de fraternité entre eux et avec les « non-maçons » sans se sentir obligés, sans obliger, et ce au nom de ce qui est antérieur ou au-delà (question de point de vue) de la F :. M :. comme telle qui n’est qu’un support comme d’autres.
    d) le collage de clichés, le syncrétisme : « La F :. M :. …le représente » :
    e) des affirmations style « voilà la vérité et je sais de quoi je parle » : « la Voie .. est » selon le Tao, il n’y a rien à accepter, rien à rejeter car ce serait prétendre savoir ce qu’est la Voie ?


Mais en vous relisant, je suis convaincu que vous êtes sur le Chemin, que la « foi » ou la certitude d’une certaine lumière, celle de la Voie, vous donne de la force… et il n’est pas impossible que vous seriez un bon maçon… à condition de ne pas vouloir plier les autres à votre point de vue, et à accepter que d’autres points de vue existent sans être pour autant nuls ou non-avenus.

Amitiés sincères et bon voeux aux Hommes de bonne volonté
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LeMat



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Mer 18 Jan - 18:18

Vous avez raison, mon intervention est pleines de préjugés (comment peut-il en être autrement lorsque l'on donne SON avis ?) et cette chamaillerie n'apporte qu'agitations, à vous comme à moi

C'est pourquoi je ne développerais pas cette querelle de définition sur le mot "personne" et aussi parce que finalement, nous disons à peu près la même chose.

Il est possible que j'aurais pu faire un bon maçon mais comme je ne le souhaite pas, on ne le saura jamais.

En espérant que cette conversation aura pu être utile, je vous salut amicalement.

LeMat
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Dim 22 Jan - 1:18

Je ne pense pas que donner son avis soit automatiquement synonyme d'exprimer des préjugés.

Le dictionnaire définit le préjugé comme "une opinion préconçue, formée prématurément sous l'influence de son milieu".

Or, on peut certainement donner son avis après mure réflexion, en ayant longuement pesé le pour et le contre et en restant toujours disposé à l'enrichir des avis des autres. Nous serons alors bien loin du préjugé.

Et justement, pour enrichir les avis exprimés, je voudrais rappeler que l'on ne peut jamais parler des maçons d'une façon généraliste ou collective.

C'est d'ailleurs une erreur courante aujourd'hui, commise par certains "Grands Maîtres" qui aimeraient bien pouvoir dire à tel ou tel homme politique qui a leur faveur qu'ils lui apporteront le vote ou l'adhésion des francs-maçons de leur obédience comme s'ils étaient capables de maitriser ce vote.

D'autres croient qu'en exprimant telle ou telle opinion sur un sujet de société, ils le feront au diapason de leur obédience alors qu'ils ne savent absolument pas ce que pensent les maçons dont ils pensent présider aux destinées ....

Fariboles et billevesées !!!

Personne - fût il un auteur maçonnique reconnu ou un "grand maître" médiatisé - n'est propriétaire de l'opinion, des objectifs ou des croyances des frères et des soeurs. En persuader tous ceux qui discourrent sur la franc-maçonnerie ferait reculer bien des préjugés.

Et l'on n'imagine pas le nombre de maçons qui se moquent comme de leur première chemise d'influencer la société ou de plier celle-ci à leur point de vue. La seule chose que ces maçons s'acharnent à essayer de changer, c'est eux-même, et ce n'est déjà pas simple.

Amitiés et fraternités à tous

Jean Serlun
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Ness

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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Dim 22 Jan - 14:19

Bonjour.

Les « copiés-collés’, cela est très bien, mais cela ne nourrit pas l’homme (peut-être Matthieu, l’homme, va savoir, parmi la tétrade) (rapprochement fait avec le pseudo LE MAT peut-être à tort, suite d’idée).

Parmi les citations, toutes évidement à méditer avant emploi et en rapport avec les discours ci-dessus (ah dualité !)

"La pierre rejetée par ceux qui bâtissaient est devenue la pierre angulaire du faîte. C'est l'ouvrage du Seigneur et c'est une merveille devant nos yeux."

DAVID.

A méditer, l’ego notre ennemi.

"Ta parole, Seigneur, est une rosée de lumière." (dit autrement, une eau celeste de feu)

ISAÏE.

Qui a dit "autrement" ?

"Et ils frappèrent d'aveuglement les gens qui étaient à l'entrée de la maison, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, et ceux-ci se fatiguèrent inutilement à chercher la porte."

GENÈSE

Toujours d’actualité devant ce que nous rencontrons à moindre échelle…



Je repars dans mon silence, après cette dernière citation,

«Tout homme peut faire une erreur, seul un fou continue de faire la même. »

Amitiés

Fr\ternellement

Ness
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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Ven 27 Jan - 13:14

@ Jean Serlun,

Dire que tous les avis sont des préjugés sous-entend que toutes réflexions sont illusions. Pour le dire plus clairement, Dieu est seul juge car notre Égo n'est pas à même d'appréhender la Réalité dans son entièreté.

"Et ils frappèrent d'aveuglement les gens qui étaient à l'entrée de la maison, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, et ceux-ci se fatiguèrent inutilement à chercher la porte."
GENÈSE

Tortueux labyrinthe qu'est la raison "raisonnante"...

@ Ness,

Je ne fais pas que copié et collé les citations, je médite dessus.

A la citation de David :"La pierre rejetée par ceux qui bâtissaient est devenue la pierre angulaire du faîte. C'est l'ouvrage du Seigneur et c'est une merveille devant nos yeux."

Vous dites : "A méditer, l’ego notre ennemi". Mais selon vous, où est l'Égo dans cette citation ???

Plus simplement, "Ceux qui bâtissent" ne seraient-ils pas les acteurs de la société ? Ou bien encore des "maçons" (ça, c'est cadeau Twisted Evil ) ?
Donc, la pierre de faîte est celui qui est rejeté par ces "maçons" bâtisseurs (allez, j'enfonce le clou Twisted Evil Twisted Evil )

Effectivement, à méditer pour tous ceux qui se plient en quatre devant les "maîtres" pour pouvoir passer les portes du "temple" maçonnique.

Vous demandez "qui a dit autrement ?". Bah c'est moi, quelle question !!!

Cordialement,

LeMat
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Puritus



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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Dim 23 Sep - 19:08

A la lecture des nombreux propos de ce sujet si captivant, je me dis que la pensée orientale est bien différente de la pensée occidentale, plus structurante. Pourtant, malgré leur différence méthodologique, orientaux et occidentaux peuvent cheminer sur leur voie respective en ayant la même finalité. Les mots... ne sont jamais que des mots !
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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   Mar 26 Fév - 1:44

Pour moi, l'égo n'est pas la pierre brute qui est à tailler. Car la pierre brute représente dans mon intérieur la nature en ce qu'elle se découvre visible. Si je la taille, c'est pour œuvrer autour et en elle, et donc participer à une construction mentale et réelle d'une représentation de l'âme de l'univers.
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MessageSujet: Re: L'égo, la pierre brute à dégrossir...   

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L'égo, la pierre brute à dégrossir...
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