Chemins Initiatiques

Forum d'une Loge Libre
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» je mets le forum en sommeil
Ven 18 Avr - 15:18 par Florence

» Le maçon est-il à la fois fier et humble?
Mar 11 Fév - 1:31 par Tao

» le breuvage d'amertume.
Dim 2 Fév - 17:05 par Bon Feu

» Scandales maçonniques
Dim 19 Jan - 5:19 par Bon Feu

» Présentation
Dim 19 Jan - 5:04 par Bon Feu

» le rituel de l'ombre
Sam 14 Déc - 16:06 par Bon Feu

» article sur la vision guénonienne de l'initiation
Sam 7 Déc - 18:28 par lucien

» voute etoilee
Mer 20 Nov - 12:54 par Bon Feu

» une bonne nouvelle
Dim 17 Nov - 7:45 par Bon Feu

Navigation
 Portail
 Index
 Membres
 Profil
 FAQ
 Rechercher
à lire

Partagez | 
 

 Paradis perdu, tradition primordiale oubliée...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Paradis perdu, tradition primordiale oubliée...   Sam 24 Oct - 14:58

Dans les écrits de René Guénon, je retrouve cette nostalgie pour un "avant" meilleur... (et souvent aussi pour un "ailleurs" meilleur...)

Je pense que cela révèle une souffrance intime de René Guénon, un "mal-être" dans "l'ici et maintenant"....
Un profond mal de vivre...

Je citerai ci-après des extraits de l'ouvrage de Daniel Beresniak "La parole perdue et l'art royal" - Tiquetonne Editions - pages 27 et 28 - au sujet des mythes de paradis perdu, de parole perdue, de tradition primordiale oubliée, d'âge d'or d'avant...

Citation :


"Cette théorie est à recevoir comme une "révélation" puisqu'elle est invérifiable. Il faut y adhérer par une conviction intime fondée sur l'intuition et la confiance.

Son succès dans les milieux "ésotéristes" s'explique parce qu'elle procure de l'espoir aux personnes qui ont du mal à vivre dans le monde actuel, le "monde moderne".
Le mal de vivre, grâce à cette théorie, acquiert du sens et de la dignité : il devient le signe d'une "qualification" qui permet l'accès au groupe des Elus.

Qui a du mal à accepter la réalité entend une musique inaudible pour les autres.
Il lui est agréable de se regarder comme celui qui est touché par la grâce, atteint par la Parole divine.
ALors, le "Mal de vivre" devient un Bien, un trésor.
Le "Mal de vivre" se fait révolte sacrée, à l'appel des "vraies valeurs oubliées", pour la "restauration" d'une Tradition Primordiale.

Ainsi le désir se fait sens... et renie son origine subjective.
C'est pourqui les partisans de cette représentation générale du monde condamnent et haïssent la psychologie des profondeurs.

(..)

Ce mythe. est une défense pour l'homme souffrant, une défense comme le sont les névroses en général.
Il serait donc irresponsable de détruire cette représentation avant d'avoir procuré au malade le moyen de se défendre autrement."

Revenir en haut Aller en bas
lucien



Nombre de messages : 150
Age : 67
Localisation : marbais
Date d'inscription : 11/06/2011

MessageSujet: Re: Paradis perdu, tradition primordiale oubliée...   Jeu 20 Oct - 8:47

Dans de nombreux écrits (en tous genres même), l’on peut retrouver une nostalgie (ou supposée telle) pour un mieux.
De plus, l’on peut retrouver dans diverses traditions, une théorie des cycles, d’un âge d’or vers un âge de fer (ou équivalent), qui se succèdent un peu comme des saisons. Selon ce point de vue, nous irions à grand pas vers la fin de l’âge de fer ce qui impliquerait des changements de plus en plus en rapides et importants à tous les niveaux de la terre (planète) y compris des humains allant dans un sens négatifs jusqu’au retournement final nous ramenant à l’âge d’or (ce final serait pour le 25eS, mais la Bible nous dit que le jour n’est pas connu) mais ce n’est pas cela qui est important au plan spirituel car les choses (y compris les divers processus), plus exactement les lois de la nature, ou plus universellement, la Loi (cf. Sanâtana dharma) sont/est ce qu’elle(s) sont/est … et l’impermanence est un fait.

De là à conclure que tous ces gens souffrent d’un « mal-être » dans l’ « ici et maintenant » … chacun a de fait le droit à l’interprétation, aux constructions mentales, aux croyances (et même en dehors de tout droit ou devoir, c’est là le fonctionnement mental), à gérer ( ?) sa vision de la vie et du monde.

Ce qui est étonnant, par ailleurs, c’est que les diverses formes traditionnelles, dans leur aspect métaphysique (et Guénon l’avait certainement compris) n’affirment qu’une seule Vérité, celle de l’Illimité - Eternel - Immuable (sous diverses appellations : Allah, Tao, Brahman, Turya, Eternel, Hachem - le nom -,…) qui est aussi l’éternel Présent, et c’est par le travail spirituel (qui ne peut se passer de méditation, même sous des formes « mineures » si l’on peut dire, liées à la concentration) que l’on peut réaliser du bonheur ici et maintenant, voir le Bonheur (en rapport avec la Libération, la Délivrance, et même le salut) tant pour soi que pour l’autre (humain et plus).

Et, d'un autre point de vue, qui se plaindra si cette démarche spirituelle effective est une réponse pertinente à la souffrance en général? Qui se plaindra si cette démarche apporte un plus aux individus et à la société?

Et pour écrire des âneries (car cela va à l’encontre de la plus élémentaire démarche scientifique) comme :
« Le mal de vivre, grâce à cette théorie, acquiert du sens et de la dignité : il devient le signe d'une "qualification" qui permet l'accès au groupe des Elus. Alors, le "Mal de vivre" devient un Bien, un trésor. Le "Mal de vivre" se fait révolte sacrée, à l'appel des "vraies valeurs oubliées", pour la "restauration" d'une Tradition Primordiale. », il faut être drôlement dans un aveuglement haineux contre la spiritualité, ou dans une ignorance lourde, ou au mieux (ou au pire) être entraîné dans une mouvance d’anti-tradition pour reprendre une expression de Guénon. C’est en tout cas l’aveu de ne rien comprendre à la spiritualité authentique ou encore la marque d'un goût pour une sorte de "poésie moderne glauque"..

En attendant une suite
Mes amitiés à vous tous
Revenir en haut Aller en bas
lucien



Nombre de messages : 150
Age : 67
Localisation : marbais
Date d'inscription : 11/06/2011

MessageSujet: Re: Paradis perdu, tradition primordiale oubliée...   Jeu 20 Oct - 13:36

Nous relevons aussi l’opinion, l’interprétation suivante à laquelle les partisans de « la psychologie des profondeurs » sont bien sûr attaché et l’on peut dire, avec le même type de raisonnement, que leur mythe des « profondeurs psychiques » prend sens pour eux : « C'est pourquoi les partisans de cette représentation générale du monde condamnent et haïssent la psychologie des profondeurs. »

Nous sommes devant une double affirmation qui alimente pas mal de débats par les partisans du pour et du contre.
a) les ésotéristes qui posent l’Absolu comme référent, auraient en aversion la psychologie des profondeurs ;
b) les partisans de la psychologie dite des profondeurs qui pose le relatif comme référent, auraient en aversion cet ésotérisme (certains en tout cas) ou réduiraient l’ésotérisme à « une défense pour l'homme souffrant, une défense comme le sont les névroses en général »

les b) auraient pour objectif de « détruire cette représentation » de façon responsable (sic), mais pas « avant d'avoir procuré au malade le moyen de se défendre autrement »
les a) auraient, aimeraient la fin de cette psychologie des profondeurs.

Tout d’abord, d’un point de vue psychique, que ce soit prendre parti pour a) ou b), « Il faut y adhérer par une conviction intime » au moins « fondée sur la confiance » sinon la croyance car, toujours du point de vue psychique, nous sommes dans le domaine des opinions, des croyances, des représentations psychiques, … des « noms et des formes » de façon plus générale en rapport avec la raison, l’imagination, les sentiments, les perceptions, la mémoire, c'est-à-dire de l'éphèmère, du contingent (tout: idées, convictions intimes, ... fini en poussière
avec les hommes, les femmes)

Ensuite, la « psychologie des profondeurs » a pour seul domaine le « psychique » et même le seul psychisme humain comme fonctionnement du cerveau et dans la mesure où il est percevable (sauf erreur d’information, aucun « psychologue des profondeurs » n’a vu en direct les profondeurs du psychisme humain)
Par contre, à moins d’affirmer que les différents Etres spirituels sont tous des gens qui avaient un mal de vivre, qui souffraient tant qu’ils se sont réfugiés tous dans le même rêve, mythe ou même délire … Quoi, Bouddha, un grand névrosé tout comme Moïse, Gaudapâda, le Dalaï Lama, et tant d’autres, … et bien, je laisse ces amateurs de psychologie des profondeurs à leurs interprétations et grand bien leur fasse …

Enfin, la spiritualité authentique (car il est vrai que l’image de la spiritualité est largement réduite aux fantasmes, délires, défenses contre ceci ou cela, et j’en passe tout cela dans une confusion totale) est fondée sur ce que l’on peut appeler une "Tradition primordiale" (si l’on veut pointer le fondement des différentes formes traditionnelles), ou encore le Verbe et/ou Parole primordiale, … bref un Principe souvent appelé l’Un, l’Unité ou encore l’Etre. Ces différentes formulations donnant comme développements les points de vue théologiques et ontologiques ne sont donnés que pour permettre aux êtres humains, chacun selon ses possibilités, de se développer au mieux en prenant comme « norme » la Beauté, le Vrai, le Juste, l’Equanimité, la Sagesse, la Connaissance, … dans une harmonie optimale avec l’autre (humain, …, nature, …).
Son domaine est la totalité de l’existence (le corporel ou matière, le psychique, le spirituel) et l'au-delà même de l’existence, le Non-deux ou Neti Neti (ici on rejoint le point de vue métaphysique tout entier contenu dans le mot « Infini » (ou Illimité-Eternel-Immuable).

A suivre et Amitiés
Revenir en haut Aller en bas
Jean Serlun

avatar

Nombre de messages : 424
Age : 61
Localisation : Tours
Date d'inscription : 14/04/2007

MessageSujet: Re: Paradis perdu, tradition primordiale oubliée...   Jeu 20 Oct - 22:37

C'est vrai que les notions de Tradition primordiale et d'Age d'or ne se prouvent pas.

Elles supposent de faire confiance à l'enseignement traditionnel tel qu'il est exprimé dans la Genèse ou dans le Vedanta.

Guénon n'a cherché ni à prouver ni à convaincre. Il témoignait tout simplement.

Cette vision du monde et de son histoire lui donne du sens mais personne ne cherche à l'imposer.

Je crois qu'il faut garder l'esprit ouvert et se faire son opinion soi-même.

Pour moi, l'initiation étant une remontée à la Source, j'aime cette idée que la source est désirable parce que les hommes (ou l'Homme collectif, l'ADAM Kadmon) savaient encore utiliser la Parole créatrice dans l'ombre de Dieu.

Je renvoie toujours à la traduction de la Genèse telle que Fabre d'Olivet l'a admirablement produite dans "La langue hébraïque restituée".
Revenir en haut Aller en bas
lucien



Nombre de messages : 150
Age : 67
Localisation : marbais
Date d'inscription : 11/06/2011

MessageSujet: Re: Paradis perdu, tradition primordiale oubliée...   Ven 21 Oct - 9:15

Je ne peux qu'être en parfait accord avec l'intervention de Jean

Dans ce cadre, il n’est pas possible de traiter le sujet dans tous ses aspects (historique, psychologique, … et métaphysiquement) ce qui oblige à certaines «condensations».

La psychologie des profondeurs, née en Europe, en Occident, (qui n’est qu’un aspect de l’évolution moderne – cf. Guénon notamment, le Règne de la quantité et le signe des temps (et sur ce site voir rubrique lire Guénon) est apparue et s’est développée en parallèle avec l’affaiblissement continu de la spiritualité (bien visible au plan de la chrétienté, ce qui se poursuit encore actuellement) ; cet affaiblissement de l’exotérisme (conséquence de l’affaiblissement de l’aspect initiatique, ésotérique), qui semble être dans l’ordre des choses, s’est accompagné naturellement de toute sorte de « plagiats » (new-age, pseudo religion – cf. scientologie, certains pasteurs surtout aux USA, spiritisme, théosophisme de Blavatsky et Besant, … et même actuellement la revendication d’une spiritualité athée et laïc sans la dimension de l’Esprit (ou équivalent)).
Et par suite, tout aussi naturellement, des troubles chez les individus (singuliers, de groupes, de mouvement sociaux) pouvant s’accompagner de fantasmes, de délires, de formations mentales à base de religiosité, de croyances diverses, de « philosophie ».
C’est tout cela qui a nourrit et nourrit encore la psychologie des profondeurs, et lui donne raison dans son domaine psychique mais tort quand il s’agit de réduire toute spiritualité à des formations mentales qui répondraient à ses diverses interprétations qui convergent vers une négation de la spiritualité authentique fondée sur la foi et (re)connaissance d’une dimension intérieure de nature non-individuelle, non-humaine, mais de nature personnelle, lumineuse, ontologique, divine voire – mais plus rare – métaphysique.
Quant on se place au plan psychique (tout en s’appuyant sur la dimension spirituelle), on ne peut qu’être en opposition avec cette psychologie des profondeurs qui s’oppose (quand on le voit) à la spiritualité (qui ne consiste pour elle qu’en défense névrotique – cf. ci-dessus).

Quand on avance sur le Chemin, ce qui implique une pratique de tous les jours (méditation, étude, application aux différents aspects de la vie), on y trouve toute la profondeur, la hauteur, la longueur et la largeur voulue (dimensions de l’Amour selon St Paul, dimensions du tombeau d’où l’on renaît, dimensions de l’espace-temps connu et inconnu, … en synthèse : le symbole de la Croix), on rassemble ce qui est épars (y compris le mental qui s’harmonise naturellement et progressivement).

Comme toujours, selon une formulation bien connue, il faut savoir rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu (ou peut-être plus prosaïquement, il faut savoir mettre chaque chose à sa place)

A titre de sujet de réflexion (ou plus): quand on veut prouver qu'il existe vraiment des éléphants roses, il suffit d'en peindre ...
Amitiés.

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Paradis perdu, tradition primordiale oubliée...   

Revenir en haut Aller en bas
 
Paradis perdu, tradition primordiale oubliée...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Qui a lu Du paradis perdu à l'antiutopie aux XVI-XVIIIème?
» Tradition primordiale
» au paradis perdu
» Le mystère du yéti à la lumière de la tradition biblique d'Attilio Mordini
» Kabbale et Chevalerie

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chemins Initiatiques :: Le coin des discussions :: à la porte du Temple-
Sauter vers: