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 12. Organisations initiatiques et sociétés secrètes.

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Jean Serlun

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MessageSujet: 12. Organisations initiatiques et sociétés secrètes.   Sam 7 Nov - 0:53

Chapître 12 : Organisations initiatiques et sociétés secrètes (page 77-88) :

La différence entre les organisations initiatiques et les « sociétés » ou « associations » est essentielle car, lorsque les premières adoptent les caractères des secondes, c’est le début d’une sorte de dégénérescence, de contamination, par adoption de formes profanes sans rapport avec le but réel des organisations ésotériques.
Il est donc tout à faire erroné d’identifier organisations initiatiques et société secrètes.

Qu’entend on habituellement par sociétés secrètes ?

Beaucoup de sociétés secrètes n’ont rien d’initiatique ; souvent, elles sont constituées par une simple initiative individuelle et dans un but tout à fait quelconque. Mais, s’il arrive qu’une organisation initiatique prenne accidentellement la forme d’une société, celle-ci sera forcément secrète.

Dans l’usage courant, nombreuses et très différentes sont les définitions de l’expression « société secrète » :
- Définition la plus restrictive : les associations qui dissimulent leur existence ou tout au moins le nom de leurs membres.
- Définition plus étendue : les associations fermées ou ne gardant le secret que sur leurs formes rituéliques ou leurs moyens de reconnaissance ou toute autre chose de ce genre.

Cela entraîne déjà bien des divergences entre les premiers et les seconds. Leurs motifs sont d’ailleurs généralement d’ordre social ou politique dans une intention polémique et plus ou moins injurieuse comme si le secret ne pouvait avoir que des motifs inavouables. Nous sommes fort loin du domaine initiatique.

Qu’est-ce vraiment qu’une société secrète ?

Plaçons nous en dehors de ces discussions, au point de vue d’une connaissance tout à fait désintéressée : Qu’elle revête ou non la forme d’une société, une organisation peut être qualifiée de secrète (sans intention défavorable) lorsqu’elle possède un secret de quelque nature qu’il soit, par la force des choses ou en vertu d’une convention artificielle. Cela va des organisations initiatiques les plus fermées aux simples sociétés n’ayant rien d’initiatique ni de traditionnel.
A l’intérieur de cette définition, nous devrons donc faire la distinction entre les organisations qui sont des sociétés et celles qui ne le sont pas, mais aussi entre celles qui ont un caractère initiatique et celles qui en sont dépourvues. Ce qui complique encore plus les choses c’est l’intrusion de formes profanes dans des organisations incontestablement initiatiques à l’origine.

Tout le monde sait ce qu’est une « société » avec tout son appareil plus ou moins encombrant, y compris la question du financement. Tout cela est inutile pour une organisation initiatique qui n’a besoin d’autre forme extérieure qu’un ensemble de rites et de symboles transmis régulièrement par tradition orale.

Les écrits ne peuvent dépasser le rôle de simples aide-mémoire. Cela ne saurait dispenser de la transmission orale et directe puisque elle seule permet la transmission d’une influence spirituelle, raison d’être de toutes les organisations initiatiques.
Aucune transmission ne peut être donnée à un profane quand bien même il aurait lu la description de tous les rites dans les livres.

Conséquence : tant qu’elle ne prend pas la forme accidentelle d’une société, une organisation initiatique est « insaisissable » par le monde profane. Elle ne laisse aucune trace aux investigations des historiens ordinaires qui ne se réfèrent qu’aux documents écrits alors inexistants.

A contrario, toute société, même secrète, présente des dehors accessibles aux recherches des profanes qui peuvent ainsi en avoir une certaine connaissance tout en ne pouvant en pénétrer la nature profonde.
Ce phénomène est particulièrement net dans le monde occidental moderne. Il y affecte tout ce qui subsiste encore d’organisation authentiquement initiatique au point que ce caractère est méconnu et incompris de la plupart de leurs membres eux-mêmes.

Dans ces sociétés modernes, l’extérieur prenant une importance disproportionnée avec sa valeur réelle, l’accidentel finit par masquer complètement l’essentiel. Les similitudes apparentes avec les sociétés profanes sont alors source de maintes méprises sur la véritable nature de ces organisations.

Un exemple de ces méprises : dans une société profane, on entre et on sort sans la moindre incidence sur son être. Dans une organisation initiatique, on ne peut jamais, par aucun moyen, cesser d’y être rattaché puisque l’initiation, qui consiste essentiellement dans la transmission d’une influence spirituelle, est nécessairement conférée une fois pour toutes et possède un caractère proprement ineffaçable. C’est là un fait d’ordre intérieur contre lequel aucune formalité administrative ne peut rien.

Quand il y a « société », il faut donc toujours s’attacher à distinguer l’extériorité d’une société initiatique, forme accidentelle surajoutée à celle-ci. L’essence initiatique reste indépendante de la forme profane.

Autre conséquence : une société, même secrète, peut subir les atteintes de l’extérieur parce qu’il y a dans sa constitution des éléments qui se situent au même niveau que celui-ci : un pouvoir politique pourra la dissoudre. Par contre, aucune force extérieure ne peut supprimer l’organisation initiatique qui échappe à de telles contingences. En ce sens là aussi, elle est insaisissable. La qualité de ses membres ne peut jamais leur être enlevé et ne disparaîtra qu’à la mort du dernier, tout et autant que ses représentants autorisés auront décidé de renoncer à la transmission de ce dont ils sont dépositaires. La seule cause possible de son extinction se trouve en elle-même.

Toute organisation initiatique est enfin insaisissable au point de vue de son secret, tel par nature et non par convention, incommunicable, auquel seule l’initiation peut donner connaissance.

Par contre, lorsque l’on se trouve face à une société dont on connaît l’origine, les buts, les fondateurs et les membres, sans rattachement traditionnel, on sait qu’elle n’a rien d’initiatique : simple parodie dépourvue de valeur réelle. Même l’existence de formes rituéliques dans ces sociétés n’est qu’emprunt et parodie dépourvue de valeur réelle.

Tout ceci ne s’applique pas seulement aux organisations politiques et sociales, mais aussi aux formations modernes « pseudo initiatiques » même celles qui invoquent un vague rattachement « idéal » à une tradition quelconque.

Par contre, si l’organisation présente une origine énigmatique sans individualités définies : là il peut y avoir doute ! Peut-être est-ce une dégénérescence de quelque chose qui a été primitivement initiatique ? Cette déviation se produit souvent sous l’influence de préoccupations d’ordre social et suppose l’incompréhension du but premier et essentiel parmi les membres de cette organisation. C’est souvent le cas de ce qui subsiste d’organisations initiatiques en Occident.

Cas extrême : une organisation où les formes rituéliques et symboliques sont conservées mais où personne n’a plus la moindre conscience de leur véritable caractère initiatique, si bien qu’on ne les interprètera plus qu’en fonction d’une application contingente quelconque.

Dans ce cas, du dehors, on ne voit plus de différence avec les sociétés non initiatiques d’autant qu’il parait y avoir similitude de buts entre les uns et les autres qui s’entremêlent de façon inextricable.

Exemple des Illuminés de Bavière : système connu élaboré par des individus en dehors de tout rattachement préexistant. Les fondateurs mirent tout par écrit dès le début et leurs idées ne dépassèrent pas le domaine social : œuvre artificielle de quelques individus, simulacre et parodie d’initiation, sans rattachement traditionnel ni but initiatique. Les maçons qui y entrèrent ne le firent que dans des buts particuliers, non initiatiques. Le mot « illuminés » ne doit pas faire illusion car il n’est pris que dans une acception strictement rationaliste.

Exemple des Carbonari : origine historique impossible, rituels d’une initiation de métier proche de la maçonnerie et du compagnonnage, mais dégénérescence poussée à l’extrême jusqu’à devenir une association de conspirateurs politiques. Mélange avec d’autres organisations initiatiques, y compris la maçonnerie alors arrivée à un certain degré de dégénérescence, quoique moindre.

Lorsque des idées « philosophiques » ou « rationalistes » s’infiltrent dans une organisation initiatique, c’est une erreur individuelle ou collective qui montre l’incapacité de ces organisations dégénérées de se garantir de toute « contamination » profane. Il en est de même du « sentimentalisme » ou du « moralisme » en lien avec une certaine prédominance des préoccupations sociales. La dégénérescence devient irrémédiable quand les préoccupations deviennent spécifiquement politiques. Ce fut le cas d’une partie de la Maçonnerie.

Contradiction : par définition même, toute organisation initiatique est en opposition formelle avec la conception « démocratique » ou « égalitaire »., d’abord par rapport au monde profane vis-à-vis duquel elle constitue une « élite » séparée et fermée, mais aussi en elle-même par la hiérarchie des grades et fonctions. Ceci s’applique à tout ce qui possède un caractère traditionnel, qu’il soit initiatique ou religieux.

Ainsi, on peut distinguer :

1. des organisations demeurées purement initiatiques et d’autres ayant dégénéré ou dévié plus ou moins complètement mais qui demeurent toujours initiatiques dans leur essence profonde quoique celle-ci soit incomprise.
2. des organisations pseudo initiatiques : contrefaçons ou caricatures.
3. des organisations plus ou moins secrètes à caractère non initiatique. (Les deux dernières sont en fait des organisations profanes).
4. Une dernière catégorie appartient à la contre initiation qu’il ne faut surtout pas sous estimer.
5. Il reste un cas peu courant d’organisations n’ayant qu’un but d’ordre contingent mais dirigées « invisiblement » par de véritables organisations initiatiques dont elles ne sont qu’une émanation : organisations secrètes extrême-orientales, particulièrement dans la tradition taoïste. Leur existence est temporaire et elles disparaissent quand leur mission est accomplie. Mais elles représentent l’échelon le plus extérieur d’une hiérarchie s’élevant jusqu’aux organisations initiatiques les plus pures et les plus inaccessibles au profane. Il ne s’agit alors pas d’une dégénérescence mais bien d’une influence subtile de l’initiation. Nous avons là des organisations mixtes, rattachées par leurs buts profonds, leur essence et leurs rites et symboles à l’initiation la plus pure. (Rappelons que le Taoïsme représente le côté ésotérique de la tradition extrême-orientale, son côté ésotérique étant constitué par le Confucianisme).

Toutes les catégories d’organisations ainsi listées n’ont qu’un point commun : le fait d’avoir un secret, quelle qu’en soit la nature.
Il n’ y a pas de comparaison possible entre le véritable secret initiatique, un dessein politique caché, la dissimulation des noms des membres par prudence, les rites, mots et signes de reconnaissance tout extérieurs, artificiels et conventionnels des pseudo organisations initiatiques chères aux anglo-saxons.

Rappelons toujours que le véritable secret initiatique est tel par la nature même des choses et donc ne saurait en aucune façon être trahi, étant d’ordre purement intérieur et résidant proprement dans « l’incommunicable ».
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: 12. Organisations initiatiques et sociétés secrètes.   Sam 7 Nov - 1:01

Là encore, nous trouvons des mises au point simples et faciles à comprendre pour qui veut regarder ce texte sans préjugés, et surtout sans confondre une organisation initiatique avec la société profane qui nous entoure.

Guénon ne dit pas un mot de la démocratie profane sur laquelle il ne prend pas position dans ce texte. Mais il l'exclut de la hiérarchie initiatique qui suppose que chacun franchisse à son rythme de multiples degrés. Je parle bien sur des véritables degrés de Réalisation et non des degrés maçonniques qui n'ont sont que les symboles.

Ceci, cela ne remet pas en cause les engagements que nous pouvrons prendre pour aider à l'amélioration matérielle et morale de la société.

Cela les relative et les place dans une hiérarchie spirituelle.
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Ness

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MessageSujet: Re: 12. Organisations initiatiques et sociétés secrètes.   Ven 13 Nov - 22:30

Bonsoir Monsieur Jean Serlun,

Après lecture de cette page et en essayant de la transposer
avec ce que j’ai retenu de ce que j’ai lu précédemment ,
RENE GUENON ; L’esprit est il dans le corps : l’esprit devant sortir du corps pour une meilleure possession de sa personne après coups, Le corps n’étant pas le reflet de l’âme et vice versa, âme détachée de l’apparence corporelle, ne faut-il pas regarder que la bonté de cette âme … ce que je comprend de cet présentation pour l’instant ; ce que « j’entend » sur le sujet actuel est la chose suivante, dans les organisations initiatiques F:.M:., seul le spirituel doit franchir le seuil de la Porte et s’affranchir de tout ce qui est d’apparence ou d’état individuel extérieur, seule l’âme de l’ être ne pourrait être qu’entendu, et n’être en quête que de savoir, et une seule pensée orientée dans ce sens.

Salutations.
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: 12. Organisations initiatiques et sociétés secrètes.   Sam 14 Nov - 13:40

Pour répondre à Ness, je crois que Guénon nous rappelle simplement que les sociétés initiatiques ne sont saisissables au monde profane que par leurs concessions à celui-ci.

A partir de là, les époques nécessitent parfois quelques concessions, d'autres moins.

Si nous prenons l'exemple des véritables Rose-Croix du XVII° siècle, ils restent un mystère car, à l'évidence, ils n'ont pas constitué de société avec des formes profanes saisissables.

Autre exemple : Dans une société traditionnelle, on rentre dans l'initiation artisanale par la porte du métier. Tous ne vont pas jusque là mais tous en ont l'opportunité.
Aujourd'hui : Comment trouver la porte de l'initiation ? Par relations, par hasard, par les médias ?

En relisant ce texte de Guénon, particulièrement riche et instructif, j'ai repéré une coquille (de mon fait) : le Taoisme est bien l'ésotérisme de la tradition chinoise et le Confucianisme l'exotérisme.
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Ness

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MessageSujet: Re: 12. Organisations initiatiques et sociétés secrètes.   Dim 15 Nov - 13:28

Une prolongation avant de m’attarder su le secret initiatique (sujet 13) qui suit.

De nos jours, et au travers de tous les forums \, faut-il espérer donc que seule la porte est identifiable …

Quoi qu’il en soit, j’ai tendance à penser que malgré les concessions qui peuvent apparaître aujourd’hui, seul les élus et choisis de et par l’intérieur pour leurs qualités d’âme et de « respect », ne puisse franchir le seuil de celle-ci et s’affranchir du matérialisme « ambiant », cette façon de penser n’engageant que moi.
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