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 17. Mythes, mystères et symboles

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Jean Serlun

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MessageSujet: 17. Mythes, mystères et symboles   Ven 11 Déc - 23:49

Chapître 17 : Mythes, mystères et symboles (page 120 -128) :

Examinons la question des rapports entre le symbole et le mythe. Lorsque nous disons que c’est une certaine dégénérescence du symbolisme qui a donné lieu à la mythologie, nous pensons au sens qu’on donne habituellement à celle-ci quand on pense à l’antiquité « classique ». Cela n’est pas forcément vrai en dehors des civilisations grecque et latine et il vaut mieux lui réserver cette appellation.

Cependant le mot mythe, dans sa signification originelle, ne contient rien qui marque une telle dégénérescence tardive due à l’incompréhension des traditions.

Si l’on peut parler de mythes en ce qui concerne la tradition, c’est à la condition de rétablir le vrai sens du mot et d’en écarter tout ce qui est péjoratif. Quant à la mythologie, ce n’est qu’une étude entreprise « de l’extérieur » impliquant une incompréhension « au second degré ».

La distinction entre mythes et symboles n’est pas fondée en réalité :

Pour certains, le mythe serait un récit présentant un autre sens que celui que les mots qui le composent expriment directement et littéralement. Le symbole, lui, serait une représentation figurative de certaines idées par un schéma géométrique ou un dessin quelconque. Le symbole serait ainsi un mode graphique d’expression et le mythe un mode verbal.
Cette restriction de la signification du symbole est inacceptable car toute image qui est prise pour représenter une idée est un signe ou un symbole de cette idée. Peut importe que cette image soit visuelle ou autre car cela n’introduit aucune différence essentielle et ne change rien au principe même du symbolisme.

Dans tous les cas, le principe du symbolisme se base toujours sur un rapport d’analogie ou de correspondance entre l’idée qu’il s’agit d’exprimer et l’image, graphique, verbale ou autre, par laquelle on l’exprime. A ce point de vue, général, les mots eux-mêmes ne peuvent être autre chose que des symboles.

Allons plus loin : Plutôt que de parler d’une idée et d’une image, parlons plutôt de deux réalités entre lesquelles existe une correspondance ayant son fondement à la fois dans la nature de l’une et de l’autre. Dans ces conditions, une réalité d’un certain ordre peut être représentée par une réalité d’un autre ordre, celle-ci étant alors un symbole de celle-là.

Ce principe du symbolisme est évidemment susceptible d’une multitude de modalités diverses : l’une d’entre elles est le mythe. On peut dire que le symbole est le genre et le mythe une des espèces. En d’autres termes, on peut envisager un récit symbolique au même titre qu’un dessin symbolique ou d’autres choses encore qui ont le même caractère et jouent le même rôle. Les mythes sont des récits symboliques de même que les paraboles qui n’en diffèrent pas essentiellement ou les « légendes » des différents grades maçonniques, incorporées aux rites dont il est impossible de les séparer : identité essentielle du rite et du symbole.

Mais quelle est la signification propre du mot « mythe » lui-même ? Souvent on en fait le synonyme de « fable », apparentée à une fiction quelconque, plus ou moins poétique.
Mais cela est l’effet de la dégénérescence, une altération profonde et une déviation du sens primitif dont les Grecs portent déjà la responsabilité. En effet, chez eux l’art dans toutes ses formes laissa libre cours à la fantaisie individuelle et celui-ci ne resta pas hiératique et symbolique comme en Egypte et en Orient. Il visa beaucoup moins à instruire qu’à plaire et aboutit à des productions souvent dépourvues de toute signification réelle et profonde et dans lesquelles on ne trouve plus trace du véritable symbolisme (sauf en ce qui concerne les éléments inconscients appartenant à la tradition antérieure) : c’est le début de l’art profane. Il apparaît en même temps que la philosophie, autre exercice de la même fantaisie individuelle dans un autre domaine.

Cette fantaisie s’exerça sur les mythes préexistants : dès lors, les poètes ne possédant plus l’inspiration supra-humaine, n’étaient plus des écrivains sacrés.
Ils développèrent et modifièrent les mythes au gré de leur imagination, en les entourant d’ornements superflus et vains ; ils les obscurcirent et les dénaturèrent au point que le sens en fut perdu et que les éléments essentiels ne purent plus en être dégagés sauf par comparaison avec des symboles similaires non encore déformés. Finalement, le mythe ne devint qu’un symbole incompris par le plus grand nombre et particulièrement par les modernes. C’est une profanation au sens propre du mot.

Car avant toute déformation, le mythe était un récit symbolique et c’était là son unique raison d’être. Ainsi, mythe n’est pas entièrement synonyme de fable car ce dernier mot (fabula, de fari = parler) ne désigner étymologiquement qu’un récit quelconque. Le sens de fiction n’est venu s’y rattacher qu’ultérieurement. Bien plus, les racines de ces deux mots (fable et mythe) ont des significations opposées : car la racine de fable désigne la parole, et celle de mythe désigne au contraire le silence.

En effet, le mot grec muthos (mythe) vient de la racine mu qui représente la bouche fermée et par suite le silence (cf latin : mutus = muet, cf aussi « mutus liber » des hermétistes : livre sans parole car sans commentaire verbal, le symbolisme étant regardé comme le langage du silence).
Le verbe muein signifie « fermer la bouche », d’où « se taire », voire « fermer les yeux » aux sens propre et figuré.
La forme dérivée mueô signifie initier (aux mystères), puis instruire (sans paroles comme dans les mystères) et consacrer au sens où consécration signifie la transmission d’une influence spirituelle ou le rite par lequel celle-ci est régulièrement transmise.
Le mythe se rapporte alors à l’idée de silence car il suggère et fait « assentir » l’inexprimable, avec des moyens qui vont au-delà du langage ordinaire, par les transpositions qu’il permet d’effectuer d’un ordre à un autre, de l’inférieure au supérieur. Ainsi procédait Platon en adaptant à son usage des mythes issus de l’enseignement traditionnel. Les critiques modernes n’y voient souvent que des ornements littéraires plus ou moins négligeables alors qu’au contraire ils répondent à ce qu’il y a de plus profond dans la pensée de Platon, à ce qui ne peut être exprimé que symboliquement. Quand il quitte la dialectique pour le récit mythique, il passe d’une sorte de « jeu » (très grec) à quelque chose de sérieux et de sacré.
Dans le mythe, ce qu’on dit est donc autre chose que ce que l’on veut dire. C’est aussi la signification étymologique du mot « allégorie » (allegorein = dire autre chose).

Le mythe alors suggère par correspondance analogique, ce qui est le fondement et l’essence de tout symbolisme. Ainsi, l’on garde le silence tout en parlant.

Attirons l’attention sur la parenté des mots mythe et mystère, issus tous deux de la même racine. Le mot grec mustérion se rattache directement à l’idée du silence, ce qui peut s’interpréter ainsi :
1. le sens principal du mot est celui qui se réfère à l’initiation (il est dérivé de muéô) et correspond bien au sens des mystères de l’antiquité grecque. L’adjectif « mustikos » (mystique) provient de « mustès » (initié) : il désigne tout ce qui se rapporte à l’initiation. Son sens est complètement dévoyé aujourd’hui.
2. Le mystère est aussi ce dont on ne doit pas parler, ce sur quoi il convient de garder le silence ou ce qu’il est interdit de faire connaître au dehors. Cf les « mystères et privilèges de la Franc-Maçonnerie ». Cette interdiction est d’ailleurs liée au symbolisme du silence et du secret. Rappelons aussi dans cet ordre d’idée la similitude étroite entre le mot « sacré » (sacratum) et le mot « secret » (secretum) : Dans l’un et l’autre cas, cela désigne « ce qui est mis à part » (verbe : secernere). De même, le lieu consacré et désigné par « templum » (de la racine « tem », du grec « temnô » = retrancher, couper, séparer, d’où « temenos » = enceinte sacrée). D’où aussi le mot « contemplation » qui se rattache à cette idée par son caractère strictement intérieur, ce qui nous rappelle que les modernes ont perdu le sens des mots en utilisant « contemplation » pour un spectacle extérieur quelconque.
3. Le mot mystère désigne aussi ce que l’on doit recevoir en silence (cf prescription du silence dans certaines écoles initiatiques, dont l’école pythagoricienne) et sur quoi l’on ne doit pas discuter. C’est pourquoi l’on appelle « mystères » toutes les doctrines traditionnelles, y compris les dogmes religieux, car, par leur nature essentiellement supra rationnelle et supra individuelle, ces vérités sont au-dessus de toute discussion (cf infaillibilité inhérente à toute doctrine traditionnelle). Ainsi, pour relier ce sens au précédent, répandre inconsidérément parmi les profanes les mystères ainsi entendus c’est les livrer à la discussion (procédé profane), et donc les « profaner » : cf travail destructif de la « critique » moderne à l’égard de toute tradition. Cf aussi évangile de St Matthieu : « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas les perles devant les pourceaux de peur qu’ils ne les foulent aux pieds et que, se retournant contre vous, ils ne vous déchirent ».
4. Le dernier sens du mot mystère est le plus profond de tous : le mystère est proprement l’inexprimable, qu’on ne peut que contempler en silence (rappelons le mot contemplation). L’inexprimable est aussi l’incommunicable : l’interdiction de révéler l’enseignement sacré symbolise l’impossibilité d’exprimer par des paroles le véritable mystère dont c’est enseignement n’est que le vêtement, le manifestant et le voilant tout à la fois. Bien sur, cela n’a rien à voir avec l’erreur des profanes qui croient les mystères « incompréhensibles ». L’inexprimable ne peut être enseigné que par suggestion à l’aide d’images appropriées, supports de la contemplation. Un tel enseignement prend donc nécessairement la forme symbolique, caractère essentiel de l’initiation aux mystères.

Ainsi, les symboles, et particulièrement les mythes, constituent véritablement le langage même de l’initiation.
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Ness

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MessageSujet: Re: 17. Mythes, mystères et symboles   Sam 12 Déc - 19:19

La mythologie, pour moi l’Histoire avant l’histoire enseignée de manière profane , avec ou sans mensonges ou faux-semblants.
La dégénérescence du symbolisme et de la mythologie non acceptée ou rejetée amenée par le pouvoir au travers des mécènes via les artistes, plus incultes qu’initiés, toujours pour se complaire dans ce pouvoir.
L’homme par sa nature a peur de ce qu’il ne connaît pas et ne sait expliquer, par conséquent cherche à nier, voir à détruire....Le Temple, quelque part de manière symbolique, portant le mystère, ne peut être que le « sanctuaire » des initiés, mot la encore qui peut faire peur, puisqu’expliquer ce qu’être initié…..

Pardon pour la coquille au chapitre 16 ( je traite d'abord mes textes sur Word et les colle ici ensuite, plus pratique et aide-mémoire)
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: 17. Mythes, mystères et symboles   Dim 13 Déc - 13:55

Effectivement, il faut absolument redonner aux mythes et aux mythologies la place qu'ils méritent.

Il ne faut jamais oublier que ce sont des récits symboliques qui permettent une approche de la Vérité par un travail de décryptage auquel la plupart ont la paresse de renoncer. Ceux-là s'arrêtent à la surface des légendes.

En ce sens, les premiers livres de la Bible, et tout particulièrement la Genèse, ne peuvent être véritablement compris qu'en tant que récits mythologiques, au même titre que ceux d'Egypte ou de Grèce. Et ce n'est pas dévaluer ce Livre de la Loi sacrée, bien au contraire.
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