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 24. La prière et l'incantation.

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Jean Serlun

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MessageSujet: 24. La prière et l'incantation.   Ven 29 Jan - 21:31

Chapître 24 : La prière et l’incantation (page 165 -171) :

Etudions un cas où la distinction entre exotérisme et ésotérisme est particulièrement nette : la prière (exotérique et même religieuse) et l’incantation (ésotérique).

Considérations sur la prière :

Dans le langage courant, la prière est synonyme de demande et c’est ce seul sens que nous allons prendre en compte.

Considérons une collectivité quelconque (religieuse, ou sociale) : chaque membre lui est lié et en attend des avantages :
- parfois uniquement matériels,
- parfois se rapportant à des modalités extra-corporelles de l’individu (psychiques) : exemple de faveurs d’ordre sentimental comme des consolations,
- ou bien matériels mais obtenus par des moyens apparemment immatériels (intervention d’éléments n’appartenant pas à l’ordre corporel mais agissant directement sur celui-ci : guérison par exemple).

Tous ces avantages ne peuvent dépasser le domaine individuel car les collectivités désignées ne constituent pas des organisations initiatiques et limitent leur champ d’action au domaine corporel.

Considérons chaque collectivité comme disposant, outre des moyens d’action purement matériels (d’ordre corporel), d’une force d’ordre subtil constituée par tous les apports des membres passés et présents, et qui donc est d’autant plus considérable et susceptible de produire des effets plus ou moins intenses que la collectivité est plus ancienne et se compose d’une plus grand nombre de membres. Cela est vrai même pour des organisations profanes qui peuvent n’utiliser cette force qu’inconsciemment et pour des résultats d’ordre exclusivement corporel. Cette considération quantitative montre bien que nous restons exclusivement dans le domaine individuel.

Chaque membre d’une collectivité pourra donc utiliser à son profit une partie de sa force en mettant son individualité en harmonie avec l’ensemble, en se conformant aux règles de la collectivité. L’individu formule sa demande à l’esprit de la collectivité, ou plutôt à son entité psychique.
Cependant, dans les collectivités appartenant à une tradition authentique et régulière (religieuses par ex.), où les règles observées sont des rites accomplis, il y a en plus intervention d’un élément non humain, d’une influence spirituelle que l’on doit regarder comme descendant dans le domaine individuel et y exerçant son action par le moyen de la force collective dans laquelle elle prend son point d’appui (dans la doctrine chrétienne, le rôle de l’influence spirituelle correspond à l’action de la grâce et celui de la force collective à la communion des saints).

Parfois, la synthèse de l’influence spirituelle et de la force collective à laquelle elle s’incorpore se concentre sur un support d’ordre matériel, tel qu’un lieu ou un objet précis qui joue le rôle de condensateur et y produit des manifestations sensibles : Arche d’alliance, Temple de Salomon, lieux de pèlerinage, tombeaux et reliques de saints, …
Il y alors une constitution comparable à celle d’un être vivant complet, avec un corps (le support considéré), une âme (la force collective) et un esprit (l’influence spirituelle).

Cela explique les miracles qui se produisent sans conteste dans toutes les religions et ne doivent d’ailleurs pas être considérés comme contraires aux lois naturelles, pas plus que le supra rationnel ne peut être pris pour l’irrationnel.
Car les influences spirituelles ont aussi leurs lois qui présentent des analogies avec celles des forces naturelles (psychiques et corporelles). C’est pourquoi ceux qui sont investis des fonctions de dispensateurs de ces forces dans une organisation traditionnelle peuvent, s’ils possèdent les connaissances nécessaires, les provoquer et les diriger après avoir déterminé les circonstances favorables. Malgré le caractère transcendant de leur cause, les miracles sont des phénomènes purement physiques, perceptibles par les cinq sens externes et peuvent être constatés par toute la masse du peuple dont la compréhension effective ne s’étend pas au-delà des limités de la modalité corporelle de l’individualité.

Les avantages obtenus par la prière (et la pratique des rites d’une collectivité sociale ou religieuse) sont relatifs et contingents mais ne peuvent pas être négligés par l’individu, lui-même relatif et contingent.
On aurait tort de s’en priver volontairement. Il n’est donc nullement blâmable (même pour qui est plus qu’un simple croyant) de se conformer dans un but intéressé (car individuel), hors de toute considération doctrinale, aux prescriptions extérieures d’une religion ou d’une législation traditionnellement pourvu qu’on sache garder à sa juste place ce que l’on en attend et que les conditions mises par la collectivité soient acceptables pour l’initié.

Sous ces réserves, la prière, qu’elle soit adressée à l’entité collective ou, par son intermédiaire, à l’influence spirituelle qui agit à travers elle, est parfaitement licite.
Rappelons encore que la prière n’est pas synonyme d’adoration et qu’on peut fort bien demander des bienfaits à quelqu’un sans le diviniser pour cela.

Considérations sur l’incantation :

Bien sur, cela n’a rien de commun avec les pratiques magiques auxquelles ont donne parfois le même nom car malheureusement le mot incantation a subi dans l’usage courant une dégénérescence semblable à celle du mot charme dont le latin carmen désignait la poésie prise dans son sens proprement sacré. Rappelons l’étroite similitude entre carmen et karma entendu au sens d’action rituelle.

Contrairement à la prière, l’incantation n’est pas une demande. Elle se passe de toute extériorité qu’elle veut dépasser. Elle est aspiration de l’être vers l’Universel afin d’obtenir une illumination intérieure. L’action de l’influence spirituelle y est envisagée à l’état pur. Au lieu de chercher à la faire descendre sur lui (comme dans la prière), l’être tend à s’élever lui-même vers elle.

Quoique en principe toute intérieure, l’incantation peut être exprimée et supportée extérieurement par des paroles ou des gestes constituant certains rites initiatiques, tels que le mantra de la tradition hindoue ou le dhikr de la tradition islamique. Ces rites déterminent des vibrations rythmiques qui ont une répercussion à travers un domaine plus ou moins étendu dans la série indéfinie des états de l’être.

Le résultat obtenu peut être plus ou moins complet mais le but final à atteindre est toujours la réalisation en soi de l’Homme universel par la communion parfaite de la totalité des états, harmoniquement et conformément hiérarchisée, en épanouissement intégral dans le sens de l’ampleur et de l’exaltation, c’est-à-dire à la fois dans l’expansion horizontale des modalités de chaque état et dans la superposition verticale des différents états suivant la figuration géométrique exposée dans Le Symbolisme de la Croix.
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: 24. La prière et l'incantation.   Ven 29 Jan - 21:34

Je vous invite à lire et relire ce texte fondamental qui donne tout son sens à l'initiation en quelques lignes qui résument ses objectifs et ses méthodes.

Il s'agit là de la véritable opérativité, celle qui "opère" la transformation de l'homme individuel en homme universel. C'est le retour à la source adamique de l'homme primordial dans son état d'avant la Chûte.
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: 24. La prière et l'incantation.   Dim 7 Fév - 11:43

Je voudrais revenir sur la fin du chapitre : Les dernières lignes sont essentielles.
Elles soumettent tout ce que nous pouvons essayer de faire comme travail individuel ou collectif (étude, méditation, pratique rituélique, ...) à la haute valeur de l'incantation puisque de celle-là seule il est dit qu'elle permet d'avancer de façon opérative vers le but final à atteindre qui est la réalisation en soi de l'homme universel.

Et pourtant c'est cette pratique que nous avons oubliée même s'il en reste quelques traces lors de la chaine d'union !
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: 24. La prière et l'incantation.   Ven 26 Fév - 9:39

Il y a beaucoup d'enseignements profonds dans ce petit texte.

Parmi eux, l'affirmation (doctrinale) selon laquelle toutes les religions sont régulières et légitimes pourvu qu'elles soient rattachées à la source de la Tradition primordiale. C'est lorsqu'elles ne sont plus rattachées à cette source qu'elles deviennent des sectes (littéralement "coupées") et non pour des raisons de quantité comme on l'a parfois affirmé.

On lit souvent qu'une "religion est une secte qui a réussi". C'est là une vision toute profane et surtout strictement matérialiste des choses. La définition est beaucoup plus simple et plus vrai d'un point de vue traditionnel : une religion est RELIEE à la Tradition primordiale (par l'influence spirituelle reçue et par la doctrine et les valeurs qu'elle véhicule). Une secte est COUPEE de la Tradition primordiale et cela se voit par les fausses valeurs qu'elle véhicule et les erreurs doctrinales qui l'entachent. Le nombre des adeptes n'y est pour rien.

Pour en revenir au texte, cette validité des religions sucessives explique qu'elles soient capables de produire des miracles aussi bien les unes que les autres.

Par contre, il faut bien tenir compte du fait qu'une religion a sa valeur dans un contexte particulier de temps et d'espace et que vouloir par exemple faire revivre la religion égyptienne au XXI° siècle serait une tentative anachronique et sectaire.
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MessageSujet: Re: 24. La prière et l'incantation.   Dim 28 Fév - 17:20

Sur le sujet, même sI Jean-Baptiste Willermoza laissé peu d'écrits, on trouve dans un petit recueil intitulé Mes pensées et celles des autres, un texte magnifique dans lequel il souligne la complémentarité de l'étude intellectuelle et de la pratique spirituelle :

« L'étude sans la prière, a dit autrefois un sage, est un véritable athéisme, et la prière sans l'étude une vaine présomption. C'est-à-dire que celui qui croit pouvoir acquérir une vraie lumière par l'étude et par la seule force de son application, pense et agit comme un athée et que celui qui présume que pour obtenir la connaissance de la vérité, il lui suffit de la demander dans ses prières, sans faire aucun effort pour la découvrir et sans méditer sur ses voies, n'est qu'un homme présomptueux, lâche ou indifférent pour elle. Le premier n'acquerra qu'une science vaine et dangereuse, l'autre restera dans l'ignorance. »Jean-Baptiste Willermoz nous a laissé un témoignage de sa pratique spirituelle. En effet, dans le fonds Willermoz de la bibliothèque municipale de Lyon, se trouve un petit recueil couvert d'une étoffe ancienne, composé de 175 feuilles écrites de sa propre main. On peut y lire le texte des Prières des six heures des élus coëns, suivies des Prières particulières pour l'ordre des élus coëns, pour les trépassés, parents et amis, pour le roi et la prospérité du royaume. L'ouvrage se termine par la Prière qu'on doit faire quand on est couché et prêt à dormir. La référence faite par l'une de ces prières au jeune monarque Louis XVI permet de dater ce recueil des années 1774-1785.
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Ness

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Localisation : Orient de Lille
Date d'inscription : 30/09/2009

MessageSujet: Re: 24. La prière et l'incantation.   Mer 3 Mar - 0:19

Après digestion, l’incantation est un acte plus profond que la prière, réservé peut-être aux véritables initiés tels que bonzes, Shaman ou Granman chez les peuples Paramaka, saramaka, ou boni ces trois derniers ayant des racines africaines, ou encore chez les anciens des peuples indiens d’Amérique du sud… plus profond intrinsèquement pour plus d’ampleur.
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MessageSujet: Re: 24. La prière et l'incantation.   

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24. La prière et l'incantation.
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