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 1. voie initiatique et voie mystique

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Jean Serlun

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MessageSujet: 1. voie initiatique et voie mystique   Ven 21 Aoû - 23:27

Analyse de « Aperçus sur l’Initiation » de René Guénon :

Chapître 1 : Voie initiatique et voie mystique (page 13-18) :

a) la tentative de confusion entre voie mystique et initiatique est vouée à l’échec :

La confusion entre les 2 voies initiatique et mystique est devenue très fréquente.
C’est une attitude nouvelle, de généralisation récente, et qui mérite explication.
C’est la mode de qualifier de mystiques les doctrines orientales, même celles qui en sont les plus éloignées.

L’origine de l’erreur est dans la fausse interprétation des orientalistes qui n’y comprennent rien à force de tout ramener à des points de vue occidentaux : exemple d’erreur grossière : la traduction de taçawwuf par mysticism !

D’autres se sont emparés de l’erreur des orientalistes et l’ont diffusée à des fins précises. C’est par eux que les erreurs d’abord restreintes aux cercles spécialisés, se sont répandues.
Pour mener leur combat contre un ésotérisme qu’ils nient ou rejettent, des exotéristes religieux tentent donc de diffuser la confusion entre mysticisme et ésotérisme. Cette forme de réduction leur semble plus habile qu’une négation brutale. Et cette tâche parait très urgente à leurs yeux !
D’autres tentent de travestir les doctrines orientales en philosophie mais, du fait de l’étroite limitation du point de vue philosophique, cette tentative est moins dangereuse, d’autant qu’elle donne lieu à des productions particulièrement ennuyeuses.

Pourtant dans le domaine religieux (dans lequel s’inscrit le mysticisme) l’ascétique peut à certains égards présenter une apparence de rapprochement avec l’ésotérisme car c’est au moins une méthode active par opposition à l’absence de méthode et à la passivité du mysticisme.
Exemple d’ascétique : les exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola : d’esprit fort peu mystique et inspirés de méthodes initiatiques islamiques.
Mais ces similitudes sont extérieures et les buts de l’ascétique restent trop limités pour convenir au travail des jeteurs de trouble.

Par contre, avec le mysticisme, on ne sait jamais où l’on va et tout y est propice aux confusions.
Or, ceux qui se livrent à ce travail de confusion et de négation et ceux qui les suivent sont voués à l’échec car il n’y a rien de vague et de nébuleux dans l’initiation mais au contraire des choses très positives.

En fait, de par sa nature, l’initiation est incompatible avec le mysticisme.

b) les deux voies initiatique et mystique appartiennent à 2 domaines différents :

Dans l’antiquité, le mot mysticisme est apparenté aux anciens mystères, c’est-à-dire quelque chose qui appartenait en fait à l’ordre initiatique.
Mais il faut en fait considérer le mot dans son usage actuel, assuré depuis des siècles déjà. Le sens qu’a donc pris aujourd’hui le mot mysticisme n’a rien de commun avec l’initiation :
- parce qu’il relève exclusivement du domaine religieux, c’est-à-dire exotérique.
- parce que la voie mystique diffère de la voie initiatique par tous ses caractères essentiels.
L’incompatibilité entre les deux voies est un fait mais non pas le résultat d’une position de principe car il ne s’agit pas de nier la valeur relative du mysticisme ni de lui contester sa place légitime dans certaines formes traditionnelles.
La voie initiatique et la voie mystique peuvent parfaitement coexister mais il est impossible pour quelqu’un de suivre à la fois l’une et l’autre (analogie avec la voie sèche et la voie humide des alchimistes).
On peut d’ailleurs pressentir que leurs buts ne sauraient être les mêmes.

c) Les erreurs de Bergson dans "Les deux sources de la morale et de la religion".

rappel de la confusion qui consiste à voir du mysticisme là où il n’y en a pas par réduction de toute chose aux points de vue occidentaux.
En fait, le mysticisme proprement dit est quelque chose d’exclusivement occidental et, au fond, de spécifiquement chrétien.
Dans sa théorie de la religion statique et de la religion dynamique, Bergson voit dans le mysticisme la plus haute expression de la religion dynamique mais ne le comprend pas et l’admire pour ce qu’il a de plus vague et défectueux.
Etrangeté de l’opinion de Bergson qui, quoique non-chrétien, considère le mysticisme chrétien comme le « mysticisme complet ».
Nombreuses erreurs de Bergson qui pose indûment le mysticisme à l’origine même du christianisme et qui en arrive à transformer en mystiques les prophètes juifs pour établir une sorte de continuité entre les deux religions. Il n’a pas idée du caractère et de la mission des Prophètes et de la nature de leur inspiration.
En fait, on ne peut trouver de mysticisme judaïque que dans le Hassidisme, c’est-à-dire à une époque très récente.
Le mysticisme chrétien apparaît donc, même à Bergson, comme le type même du mysticisme tout simplement parce qu’il n’en existe guère d’autre que celui-là.
Même les mysticismes indépendants (ou pour mieux dire « aberrants ») ne sont que du mysticisme chrétien dénaturé.
Il se trompe encore en cherchant à découvrir antérieurement au christianisme des «esquisses du mysticisme futur». D’où son incompréhension totale de l’Inde et des mystères grecs. Il est d’ailleurs bien obligé d’admettre que «la plupart des mystères grecs n’eurent rien de mystique». Se faisant une représentation toutes profane des « mystères », il ne pouvait les comprendre et, ignorant tout de l’initiation, il ne pouvait imaginer ce qui, en Inde, n’était nullement d’ordre religieux et allait bien plus loin que son mysticisme, et même que le mysticisme authentique qui reste dans le domaine exotérique et ses limitations.


d) Quelles sont les différences entre le processus initiatique et le processus mystique :

Il est impossible d’exposer ici toutes les différences entre les points de vue initiatique et mystique.
On exposera les différences dans les processus mêmes qui présentent des caractères fort différents et sont deux voies distinctes et incompatibles.
Le mysticisme est passif et l’initiation est active.

Il faut cependant expliquer clairement ce que cela signifie.

Dans le cas du mysticisme, l’individu :

- reçoit simplement ce qui se présente à lui, tel qu’il se présente, sans que lui-même y soit pour rien,
- est ouvert à toutes les influences quelles qu’elles soient,
- ne peut établir de discrimination entre elles,
- n’a pas la préparation doctrinale nécessaire ;

Cette passivité mystique explique les erreurs modernes qui confondent les mystiques avec les médiums et les « sensitifs ».

Dans le cas de l’initiation, l’individu :

- a l’initiative d’une réalisation qui se poursuivra méthodiquement sous un contrôle rigoureux et incessant,
- devra normalement aboutir à dépasser les possibilités mêmes de l’individu comme tel.

Certes, l’individu ne saurait se dépasser lui-même par ses propres moyens mais son initiative constitue obligatoirement le point de départ de toute réalisation.

Cependant, cette distinction est insuffisante et devra être complétée par l’étude des conditions nécessaires à l’initiation.
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MessageSujet: Re: 1. voie initiatique et voie mystique   Sam 22 Aoû - 15:21

Jean Serlun a écrit:

...

Dans le cas du mysticisme, l’individu :

- reçoit simplement ce qui se présente à lui, tel qu’il se présente, sans que lui-même y soit pour rien,
- est ouvert à toutes les influences quelles qu’elles soient,
- ne peut établir de discrimination entre elles,
- n’a pas la préparation doctrinale nécessaire ;

Cette passivité mystique explique les erreurs modernes qui confondent les mystiques avec les médiums et les « sensitifs ».

Dans le cas de l’initiation, l’individu :

- a l’initiative d’une réalisation qui se poursuivra méthodiquement sous un contrôle rigoureux et incessant,
- devra normalement aboutir à dépasser les possibilités mêmes de l’individu comme tel.

Certes, l’individu ne saurait se dépasser lui-même par ses propres moyens mais son initiative constitue obligatoirement le point de départ de toute réalisation.

Cependant, cette distinction est insuffisante et devra être complétée par l’étude des conditions nécessaires à l’initiation.

Le "cheminement" ne demande-t-il pas une nécessaire alternance entre période de mysticisme et période d'initiation, période de réceptivité passive et période de construction active ???

Très binaire comme approche, pied gauche en avant, puis pied doit en avant, la marche en avant.. avec recherche de l'équilibre à chaque pas.... puis volontaire 'rupture de l'équilibre acquis" pour faire le pas suivant....
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Jean Serlun

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MessageSujet: Voie initiatique et voie mystique   Sam 22 Aoû - 18:09

Dans ce texte, comme dans d'autres du même ouvrage, que je mettrai en ligne au fil des semaines, le but de Guénon est avant tout, par son témoignage, de nous éclairer sur la doctrine. Il le répète à de nombreuses reprises.

Dans le cas précis du mysticisme, il veut nous mettre en garde contre une aventure où l'on s'embarquerait sans but ni sans carte, comme ballotté par des vents capricieux, comme Ulysse et ses marins.

Mais la voie initiatique ressemble davantage à un pèlerinage.
Nous découvrons nous-mêmes le chemin à chaque pas mais celui-ci a été tracé par les millions de pas de ceux qui nous ont précédés.
Et le but est connu dès le départ par la Tradition transmise.

C'est pourquoi la voie initiatique se présente comme un mariage harmonieux entre l'initiative personnelle et la réception consentie de l'expérience acquise par les autres.

Toujours pour reprendre la symbolique du pèlerinage, dans celui-ci, le pèlerin alterne des moments où il lui est nécessaire d'être seul et de se replier sur lui-même et d'autres où il convient de partager les efforts et les joies avec d'autres.
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Tao



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MessageSujet: Re: 1. voie initiatique et voie mystique   Dim 20 Sep - 0:34

Salut à vous !

Jean, tu écris :

Citation :

le but est connu dès le départ par la Tradition transmise.

Puis-je demander quel est ce but connu dès le départ dans la FM ? Les mystiques n'ont-ils pas non plus un but connu dès le départ et qui serait l'illumination, la grâce, le salut, ou peu importe le terme qu'ils emploient ?

Profanement,
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MessageSujet: Re: 1. voie initiatique et voie mystique   Dim 20 Sep - 1:30

Les mystiques ne peuvent avoir un but.. ils "reçoivent"..

Ou alors, le seul but d'être le plus "transparents" possible pour ne pas faire obstacle à la lumière ???
Etre "médium" ???

Mais choisissent-ils l'aventure du mysticisme ???

Ils peuvent l'accepter... Amen... Ainsi soit-il...
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: 1. voie initiatique et voie mystique   Dim 20 Sep - 23:01

A Tikbokaya,

Le but est une remontée à la source de l'état adamique qui était celui de l'homme primordial.

Toutes les traditions parlent d'une chute ou d'un éloignement du Principe par ce phénomène d'individuation que d'aucuns ont confondu avec le rôle d'Eve.

Lisons, relisons et méditons le remarquable ouvrage de Fabre-d'Olivet, intitulé "la langue hébraïque restituée". Et le comprendra que c'est la volonté effective de l'Homme qui l'a éloigné du Principe et de sa collaboration avec le Verbe créateur. C'est ce que les Maçons appellent la quête de la Parole Perdue.

Et c'est l'initiation qui trace le chemin.
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: 1. voie initiatique et voie mystique   Sam 10 Oct - 9:57

Dans ce premier chapitre d'ouverture d'"Aperçus sur l'Initiation" (publié en 1946), René Guénon nous place bien dans la perspective et la méthode du livre.

Il ne s'agit pas pour lui d'analyser et de détailler l'initiation - ce qui serait contraire à l'esprit même de la démarche initiatique - mais, par des "aperçus", de nous inciter à creuser nous même les multiples sujets qu'il va aborder. En bref, il nous donne la première letttre. A nous de trouver la seconde !

En outre, il présente la voie initiatique comme une méthode positive et active. Sa volonté d'écarter toute vision nébuleuse et embrumée de l'initiation est nette dès le première chapitre. Il ne cessera d'en donner des exemples.

Enfin, il se place dans un combat contre toutes les forces visant à ridiculiser ou déformer le cheminement initiatique.

Nous retrouverons ces trois fils étroitement imbriqués tout au long du livre : incitation - méthode - combat.
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: 1. voie initiatique et voie mystique   Sam 10 Oct - 9:58

Dans le texte de ce premier chapitre d'"Aperçus sur l'Initiation" apparait le mot "taçawwuf" dont Guénon écrit qu'il a parfois été malheureusement traduit par "mysticism".

Or, que signifie exactement "Taçawwuf" ?
Là encore, la réponse se trouve dans le premier chapitre de l'ouvrage de Guénon intitulé "Aperçus sur l'Esotérisme islamique et le Taoïsme".

"Et-Taçawwuf" signifie proprement "L'initiation" : il comprend à la fois la connaissance (haqîqah) et et le chemin qui y mène (tarîqah).

Dans l'ésotérisme islamique, celui qui est engagé dans l'initiation est appelé "mutaçawwuf" et non "çufi", le "çufi" étant celui qui a atteint le terme de l'initiation.

Notons que le terme de "taçawwuf" peut s'appliquer à toute doctrine ésotérique et initiatique, quelle que soit la forme traditionnelle à laquelle elle appartient.
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Daniel Hourès

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MessageSujet: DÉMARCHE MYSTIQUE ET DÉMARCHE INITIATIQUE.   Sam 25 Fév - 16:30

DÉMARCHE MYSTIQUE ET DÉMARCHE INITIATIQUE.RECAPTULATIF

PRÉAMBULE.
Il est bon de rappeler tout d'abord que c'est René Guénon qui le premier (et le seul) a aussi clairement explicité les différences qui existent entre une démarche mystique et une démarche initiatique.
Il l'a fait avec une détermination qui ne pouvait, semble-t-il, se justifier que par la nécessité impérieuse qu'il y avait à établir cette distinction aux yeux de ceux qui seraient intéressés par une perspective initiatique véritable et devant qui, on ne faisait figurer alors qu'une notion unique, celle de la mystique, avec tous les inconvénients que pouvait présenter pour eux une telle méprise.
C'est pourquoi, il me semble assez nécessaire de prendre pour référence les différentes remarques de René Guénon
La confusion entre une démarche initiation et une démarche mystique est l’œuvre de ceux qui veulent nier la réalité de l’initiation par réduction à quelque chose d’autre. De la même façon, les milieux occultistes tentent d’annexer l’initiation et d’y faire rentrer des choses comme le mysticisme qui y sont étrangères.


QU’EST-CE UNE DÉMARCHE MYSTIQUE ?
Si le mysticisme occupe une place importante et dangereuse chez beaucoup de personnes, c’est à cause de l’importance excessive qu’elles attribuent aux phénomènes occultes. C’est la raison pour laquelle le mysticisme séduit des personnes qui s’illusionnent sur sa portée réelle.
Même si le mysticisme est légitime car rattaché comme toutes les sciences traditionnelles aux principes supérieurs, il est cependant très peu considéré car situé dans les derniers rangs des applications secondaires et en fait l’une des sciences inférieures du monde de l’ésotérisme. On peut considérer la démarche mystique comme une recherche expérimentale
En effet, les mystiques, dans leur démarche, sont livrés à eux-mêmes et ils manient dans l’ignorance des forces redoutables.
Dans le cas du mysticisme, l’individu reçoit simplement ce qui se présente à lui, tel qu’il se présente, sans que lui-même y soit pour rien, il est ouvert à toutes les influences quelles qu’elles soient, il ne peut établir de discrimination entre elles et n’a pas la préparation doctrinale nécessaire.
Cette passivité mystique explique les erreurs modernes qui confondent les mystiques avec les médiums et les « sensitifs ». Il a les défauts de son type ; rêveur, visionnaire, non-pratique, émotionnel, et manquant de cette qualité mentale que nous appelons la discrimination. Il est intuitif, enclin au martyre et au sacrifice personnel.
Du coup, le mystique est trop facilement dupe de son imagination dont les productions se mêlent de façon inextricable aux résultats réels de son expérience. C’est pourquoi, il ne faut jamais accepter sans contrôle les «révélations » des mystiques.
D’où les déplorables accidents qui résultent de leur imprudence et qui consistent en de gros risques de déséquilibre. Ce déséquilibre est la conséquence de la communication avec le «plan vital », domaine de la manifestation subtile dans ses modalités les plus proches de l’ordre corporel et donc le plus facilement accessibles à l’homme ordinaire.
La cause en est le développement de certaines possibilités individuelles d’un ordre assez inférieur : Si ce développement se produit de façon anormale, désordonnée et inharmonique, au détriment de possibilités supérieures, le résultat est forcément au minimum ce déséquilibre, voire le déclenchement en réaction de forces qui peuvent être terribles avec lesquelles l’individu se met inconsidérément en contact.
Guénon emploi le mot «forces » plutôt qu’ «entités » pour ne pas donner lieu à des personnifications fantaisistes de la part de ceux qui ne manient pas bien les symboles.


QU’EST-CE UNE DÉMARCHE INITIATIQUE ?
Si le processus initiatique de sociétés ou cultures anciennes comportaient un certain nombre d’épreuves, parfois cruelles ou mutilantes, au cours des cérémonies d’initiation, aujourd’hui, en Maçonnerie, l’impétrant ne subit fort heureusement que des épreuves symboliques.
La Franc-maçonnerie est une vraie démarche initiatique par la voie proposée, symbolique par son enseignement, traditionnelle par son incontestable historicité et sa référence au Rite, à l’Histoire des Hommes, et spirituelle par son invocation au Grand Architecte de l’Univers qui renvoie l’homme à ses origines comme vers son destin.
Ainsi la Maçonnerie, société de pensée de nature initiatique, à caractère fraternel et philanthropique ne peut être assimilée ni à une secte, ni à une Eglise, ni à un parti politique, car elle n’a pas à conquérir le pouvoir.
La démarche initiatique représente la spécificité majeure du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
La première spécificité de ce Rite est la notion de spiritualité, c’est-à-dire :
- Il prône la primauté se l’esprit sur la matière,
- Il croit en la perfectibilité de l’Homme et met à sa disposition une méthode de perfectionnement individuel.
La progression initiatique qu’il propose, apporte à l’initié une Connaissance spirituelle de plus en plus élevée, avec la conscience d’appartenir à un « Tout » ordonné, cohérent, en évolution permanente, tout en participant personnellement à l’amélioration constante de l’humanité.
Ainsi, le fondement de l’initiation se situe dans un accès à la transcendance par une communication des mystères traditionnels, et qu’il ne peut pas avoir d’initiation en dehors d’une transmission dans le cadre d’une institution traditionnelle, gardienne des secrets et mystères qu’elle transmet à ceux qu’elle juge dignes de les recevoir.
Dans les mystères antiques, la dimension initiatique se faisait dans le cadre d’une œuvre, d’une action créatrice, participant ainsi à l’œuvre génératrice du monde par la nature.
Si on fait référence à une définition classique du rite :
« C’est un ensemble de pratiques, au sein d’une même institution, destiné à rassembler ses membres, autour d’une même Tradition, orientés vers le même objectif : l’accès à la notion de sacré et le perfectionnement de l’homme », encore convient-il de préciser que tout rite est initiatique lorsque ses rituels d’initiation mettent l’impétrant dans une ou plusieurs situations successives favorables à une prise de conscience.

EN CONCLUSION.
Etre un Initié ou être un mystique, ce n’est pas la même chose.
L’initiation, la compréhension intuitive des mystères que la raison ne peut expliquer, est un processus abyssal, une lente transformation de l’Esprit et du Corps, qui peut amener à l’exercice de qualités supérieures et jusqu’à la conquête de l’immortalité, mais c’est quelque chose d’intime, de secret.
La démarche mystique et la démarche initiatique présentent des caractères forts différents et sont deux voies distinctes et incompatibles.
Le mysticisme est passif et l’initiation est active.
Il faut cependant expliquer clairement ce que cela signifie.
Dans le cas du mysticisme, l’individu :
- reçoit simplement ce qui se présente à lui, tel qu’il se présente, sans que lui-même y soit pour rien,
- est ouvert à toutes les influences quelles qu’elles soient,
- ne peut établir de discrimination entre elles,
- n’a pas la préparation doctrinale nécessaire.
Cette passivité mystique explique les erreurs modernes qui confondent les mystiques avec les médiums et les « sensitifs ».
Dans le cas de l’initiation, l’individu :
- a l’initiative d’une réalisation qui se poursuivra méthodiquement sous un contrôle rigoureux et incessant,
- devra normalement aboutir à dépasser les possibilités mêmes de l’individu comme tel.
Certes, l’individu ne saurait se dépasser lui-même par ses propres moyens mais son initiative constitue obligatoirement le point de départ de toute réalisation comme nous le rappelle René Guénon.

Daniel Hourès
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Jean Serlun

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MessageSujet: Re: 1. voie initiatique et voie mystique   Dim 26 Fév - 1:01

Merci de nous rappeler combien l'oeuvre de René Guénon n'a pas vieilli car la doctrine dont il témoigne est Universelle et immuable tout au long de l'actuel Manvantara.

Je relis actuellement "La Crise du Monde Moderne", ouvrage qui, bien qu'écrit en 1927, est encore d'une douloureuse actualité ... et même plus encore qu'à l'époque car l'involution a suivi son cours et l'Orient que Guénon considérait à l'époque comme résistant aux sirènes de l'Occident est aujourd'hui complètement contaminé.

On peut presque dire qu'il n'y a plus d'Orient et que tout est Occident au sens de cette civilisation matérialiste aberrante.
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